C'est looong le bus
Apres plusiseurs jour a Sa Pa, le temps de reprendre la route est venu. Ce 14 novembre, notre destination est la tristement celebre ville de Dien Bien Phu.
Tout commence par la recherche de l'arret de bus, chaque personne a qui on pose la question nous indique un endroit different... Quand enfin, on trouve la gare routiere et qu'on presente notre billet a un employe, il l'observe longuement, hesite et nous rend notre ticket en faisant non de la tete. Tres bien, il ne nous reste que 10 minutes pour trouver un bus fantome ! On se met en direction de l'office du tourisme ou on avait achete les billets mais qui etait encore ferme au debut de notre recherche. Heureusement, c'est maintenant ouvert et les choses avancent, il nous suffit d'attendre devant la porte de l'office et on viendra nous chercher.
C'est ainsi qu'apparait un mini-bus, rempli a ras-bord. On s'entasse dedans tant bien que mal avec un couple d'Allemand. J'ai un guidon de velo plante dans le dos, on ne peut pas poser les pieds par terre car le sol est couvert de bagages et colis diverses. J'ai comme un mauvais pressentiment...
Mais peu importe, le mini-bus s'elance en direction de Dien Bien Phu. Le brouillard tres epais bloque la vue alors qu'on serpente a flanc de montagne. Avec la condensation, on ne voit rien du dehors et on se demande comment fait le chauffeur alors que la reponse est simple : Il ecoute la route ! Enfin, c'est ce que j'en ai conclu ne voyant pas d'autre possibilite... Alors qu'on cede le passage a d'autres vehicules car une partie de la route est en travaux, j'essuie la vitre de la main pour observer la scene. Une pelleteuse continue de soulever de la terre a cote de nous. Elle recule doucement dans notre direction et, au fur et a mesure que la distance qui nous separe diminue, ma figure prend une teinte blanchatre. J'en suis sur, il ne nous a pas remarques vu a quelle vitesse il s'approche. Bien sur, c'est ma place qu'il vise. Je serre les dents et tout ce qui est serrable d'ailleur, a l'exception helas de son frein. Mais fort heureusement, le conducteur s'en charge lui-meme in-extremis. Ouf, pour un peu, il nous pousser dans le ravin.
On reprend la route et au fil des kilometres, supporter le guidon du velo et ma position precaire devient de plus en plus difficile. J'essaie de faire pivoter le guidon sans succes, je maudis mille fois le proprietaire du velo et finalement alors que je m'appretais a hurler ma rage dans le mini-bus, on finit par marquer une pause. Si les Vietnamiens ne semblent pas vraiment avoir ete eprouve par la premiere partie du trajet, tous les touristes s'etirent, marchent un peu et esperent que le voyage ne durera pas trop. On discute un peu avec une anglaise et un allemand embarques dans la meme galere. Si j'echange aussi quelques mots avec le couple d'Allemand, cela est bref car la femme lance une remarque tout a fait deplace selon moi... "This is like middle age here !" Je limite donc la discussion a negocier avec son mari afin qu'il utilise un strapontin pour que je puisse recuperer son siege. Ceci, bien sur, dans l'unique but d'eviter de devenir frenetique dans le bus et de gacher le voyage des autres passagers.
On grimpe a nouveau a bord, sans le guidon, ca va tout de suite beaucoup mieux. Les kilometres defilent, tres lentement. Toutes les demie-heures, on doit stopper car des travaux morcellent la route. Des machines font s'ecrouler d'enormes blocs de roche du haut de la montagne qui viennent s'ecraser sur route. Il faut donc patienter le temps que d'autres engins deblaient la route. Il fait chaud a present et, a l'arret, la temperature devient vite eprouvante. Il faut alors parvenir a se faire entendre du chauffeur pour que celui-ci daigne nous ouvrir la porte du minibus, l'operation etant impossible depuis l'interieur du vehicule. Ceci se repete plusieurs fois mais la lassitude force a discuter et me voici a parler d'histoire avec l'Allemand voyageant seul qui comme moi s'appelle Benjamin. Garuche lui papaute un peu avec Lisa, l'Anglaise. Alors que le soleil se couche, on atteint enfin la ville de Dien Bien Phu. Je ne crois pas avoir ete jamais aussi heureux de sortir d'un bus, quelle joie !
C'est ainsi que Lisa, Benjamin, Garuche et moi-meme nous metons en route vers un petit hotel. Il s'agit en fait d'une brasserie qui loue egalement des chambres, ce choix a fait l'hunanimite durant le trajet. On traverse toute la ville, puis on arpente un rue supposee donner sur la brasserie mais comme on ne la trouve pas, on rebrousse chemin pour emprunter une parrallele. Toujours rien, je demande dans un magasin si les gens connaissent le lieux. mais on ne me comprend pas. lorsque je parle de biere toutefois, les visages s'eclairent et on m'indique de la main une direction. Helas, toujours rien et, alors que j'interroge a nouveau quelqu'un, nn me repond que l'etablissement a ferme...
il nous faut donc parcourrir a nouveau la moitie de la ville avant de croiser un hotel recommande par nos guides de voyage.
A peine entre-t-on sur le parking qu'on nous fait signe que ce n'est pas possible sans plus d'explication. On tente notre chance a un petit hotel trouve au hasard et rebelotte, on nous reconduit immediatement. Il semble que nous ne soyons les bienvenus nulle part et cela commence a nous agacer. Apres le trajet affreux, on aimerait pouvoir se reposer un peu et manger un morceau. Notre marche nous rammene a la gare routiere pres de laquelle on avait repere un hotel qu'on avait juge trop miteux mais, le temps passant, on revoit nos pretentions a la baisse. Cet hotel n'a qu'une chambre double aussi, Garuche et moi y posons nos affaires. Lisa et Benjamin trouvent dans un hotel de l'autre cote de la rue. La chambre est aussi delabree que la facade de l'hotel, maintenant, nous en sommes certains. Apres une douche, on se retrouve pour manger. Il est tard et comme pour l'hotel, on se voit oblige de s'assoir au premier restaurant qu'on avait vu et qui nous semblait peu engageant. Le repas arrive est confirme nos soupsons. Les nems ne sont pas tres bons, le poulet etrange... Heureusement qu'il y a du riz.
Il est grand temps d'aller se coucher en attendant des lendemains qui chantent.
On rejoint nos deux camarades de galere pour le petit dejeuner. Ils ont deja eu le temps de visiter la ville alors qu'il n'est que 10 heures, Lisa a meme fait un footing, etonnant non ? On trouve un endroit ou manger pres du marche de la ville, la nourriture est bien meilleure que la veille. Lisa et Benjamin prennent un bus peu de temps apres.
Garuche et moi nous lancons donc a notre tour dans l'exploration de la ville. Apres le marche, on se rend au cimetiere Vietnamien, s'ils on gagne la bataille, le nombre de morts est ahurissant, la guerre, c'est super ! On se rend ensuite a la position Eliane qui fut le theatre des plus violents affrontements de la bataille de Dien Bien Phu. Les tranchees ont ete reconstruites ainsi que des bunkers. Ensuite vient le tour de la visite du musee dedie a la victoire vietnamienne. En chemin, on croise un vieux vietnamien qui nous menace avec son baton. On est un peu surpris, les autres habitants nous lancaient des "hello" ou nous saluaient jusque la... Le musee est interessant mais pas tres objectif a mon humble avis. On y apprend comment les Vietnamiens ont totalement pris au depourvu les forces francaises qui n'avaient tout simplement pas envisage une telle attaque. Peu apres sa defaite, la France laissera la place aux Etats Unis, le vietnam etant une destination tres prisee par les militaires de haut rang ayant envie de faire joujou avec leurs armes toutes neuves. On occupe comme on peut le restant de la journee avant de passer une nouvelle nuit dans notre splendide hotel.
Ce 16 novembre nous voit nous diriger vers le Laos, un long trajet en bus nous attend encore. Cette fois-ci, on est bien mieux installe. Le passage de frontiere s'effectue sans souci mais sitot au Laos, la route devient piste et serpente au milieu d'une jungle epaisse. Peu a peu, le bus finit de se remplir alors que des locaux se rendent en ville, on entasse des tronc de palmiers dans l'aller centrale du bus ce qui n'est pas si simple.Nous voici apres quelques heures, faisant face a une riviere. On descend du bus pour grimper dans des pirogues motorisees qui font la navette avec l'autre rive. On grimpe ensuite a bord d'un tuk-tuk, ici, une sorte de pick-up amenage pour recevoir des passagers a l'arriere. Concretement, on y fixe deux bancs et un toit. Le trajet est bref car il nous faut a present grimper dans un minibus. Voyant que tous les autres passagers vaquent a leurs occupations hors du bus ou reigne une etouffante chaleur, on comprend que le depart n'est pas imminent. On decide ainsi de manger un morceau, affames que nous sommes c'etait une tres bonne idee, a peine finit-on nos nouilles de riz en soupes qu'on vient nous chercher pour le depart. Environs deux heures plus tard, nous arrivons a Luang Chai, notre terminus.
On trouve un bon hotel pas cher et, puisqu'il est trop tard pour esperer visiter quoique ce soit, on s'installe a un restaurant ou ne se prive pas sur la nourriture. cette fois, une bonne nuit de sommeil nous attend avant un nouveau trajet en bus le lendemain en direction de Luang Nam Tha.