L'etudiant, le Russe et l'hotel miteux
A kanazawa, je suis heberge par Kengo qui vient me chercher a la gare en new Bettle, pas mal pour un etudiant en medecine. Son appartement est egalement tres classe, parfaitement a son image d'ailleurs. Pour autant, Kengo est tres accueillant et on accroche tres vite. Incroyable mais vrai, il a deja sejourne a Toulouse, con ! Il n'en revient pas que je paie les courses en lui expliquant que c'est donnant-donnant, il m'heberge, donc c'est moi qui paye a manger. Et encore, il n'y a pas grand chose a manger dans ces courses, juste quelques amuse-gueules contre une bouteille de sake et quelques bieres car Kengo veut boire avec moi... Soit. On discute donc jusqu'a pas d'heure bien qu'il est cour le lendemain.
Le reveil est assez penible, je me retrouve dehors sous la pluie, sachant que la principale attraction de la ville sont ces jardins... Je me rabas vers un marche couvert et tue le temps entre cafe et internet avant de rejoindre Kengo une fois la journee finie. Cette fois, on sort, il veut absolument me presenter un de ces amis et on se donne rendez-vous dans un izakaya. L'endroit est tres populaire et tres agreable, comme toujours le service est exemplaire, je remercie chaleureusement la serveuse dont j'ai oublie le nom ce qui lui valu le surnom de Kawai-chan. Kengo m'explique le principe du nomihodai et du tabehodai, on paye un forfait qui donne droit a une consomation de boissons a volonte pour le premier et de nourriture pour le second. Heureusement, il doit assister a une operation le lendemain et ne veut pas trop en faire, on reste donc dans le "traditionnel" ce qui me va, le sake de la veille m'ayant rendu la journee un peu dure. L'ami de Kengo nous rejoint assez tard, il est tres drole et se tourne constamment vers Kengo pour lui demander de l'aide en anglais. J'en profite pour preciser que Kengo a un des meilleurs accents que j'ai pu entendre au Japon.
Je me dirige ensuite vers le Kansai et plus precisement Kyoto ou j'espere trouver de la neige pour profiter des temples que j'avais vu au printemps. La-bas, je suis heberge tout pres du Ginkakujin, le celebre pavillon d'argent, par Abdullah, un Russe de confession musulmane, marie a une Japonaise. C'est un sacre personnage ! Si je le trouve un peu effrayant avec ses theories religieuses le premier jour, tout se passe pour le mieux ensuite. J'ai droit a plusieurs sceances de films russes qu'il me traduit en simultane. La plupart sont vraiments obscure mais tres captivant en meme temps. J'apprends pas mal de chose sur l'ile de Sahalin d'ou il vient et qui fut, tour a tour russe puis japonaise, avant de revenir a la Russie apres le deuxieme guerre mondiale. On a beau etre sur la meme planete, on ne fait pas parti du meme monde. Quand Abdullah voyage, c'est a la dure, budget 100 dollar Us par mois, que du stop et on frappe chez les habitants pour l'hebergement, c'est comme ca qu'il a voyage en Ouzbekistan, Kazakhstan, Kirgiztan et Afghanistan. Il m'a aussi explique, mais j'ai oublie, comment faire un fusil, de l'explosif et des meta-amphetamines... Oui, je sais, ca parait fou et certains penseront qu'il est mythomane... Ou pas. Personnellement, je pense qu'il disait vrai notamment a cause des exemples donnes : "Tous les gamins se fabriquent des fusils, c'est rigolo quand on passe un mois dans la foret avec les chasseurs !" Un autre monde vous dis-je. C'etait aussi la premiere fois que je mangeais vegetarien pendant cinq jours. Apres le regime un peu alcolise de Kanazawa, ca ne pouvait pas faire de mal. Et, quoiqu'il en soit, lui et sa femme auront ete parmis les hotes les plus accueillants et j'ai vraiment passe un excellent moment a Kyoto a faire tout, sauf visiter des temples, a part le Ginkakuji qui etait a cent metres. La neige, helas, ne fut pas au rendez-vous et ma visite fut donc similaire a celle que j'avais faite lors de ma premiere venue au Japon. Une excursion dans les collinantes envorionnantes avec Abdullah fut plus riche en surprises. des le depart, un viel homme nous reproche de ne pas suivre le chemin principal, ce qui ne se fait pas car la montagne est un terrain prive. Et, oui, tout est possible au Japon, il y a des montagnes qui appartiennent a Toyota, c'est baleze... Une fois eloignes des sentiers trop battus, on peut tout de meme s'essayer a gravir une petite chute d'eau sans etre deranges puis lors du retour, on se risque a prendre des photos sur une voiture laissee a l'abandon et couverte de mousse. Cette fois, cela fait rire les passants, il y a de l'espoir.
Apres cette visite originale de Kyoto, je me dirige vers Kobe dans la prefecture de Hyogo. J'y passe quelques jours a visiter le port, les jardins, le quartier europeen et a flaner. On ne croirait pas que la ville a ete presque rasee par un tremblement de terre en 1995, seules quelques photos attestent de l'evenement. Cette fois, je reside en auberge de jeunesse et je suis decu. Il n'y a pas de cuisine, c'est cher et en plus il y a a nouveau un couvre-feu. Mieux vaut un petit hotel au Japon, croyez moi ! Heureusement, je fais la connaissance de deux Taiwanais sympathiques, frere et soeur, avec qui je peux discuter pour passer la soiree.
Me voici a present a Osaka, capitale de la prefecture du meme nom. Certains adorent ,d'autres pas et je tombe dans la deuxieme categorie. En ce qui concerne les grandes villes, je prefere Tokyo et Yokohama. La principale renommee de la ville est sa cuisine mais, essayant d'economiser et etant seul, je ne lui fais pas honneur. Tout de meme, il y a une chose que j'ai apprecie a Osaka, il s'agit se son principal defaut selon les Japonais. Les gens sont moins courtois ce qui se traduit, dans la rue, par le fait qu'ils n'attendent pas systematiquement que le bonhomme passe au vert pour traverser une rue. Personnellement, je vois ca comme un avantage !
Je dois aussi reconnaitre que le temps fut pluvieux et que j'ai par consequent passe beaucoup de temps dans des cafes. Loin de moi l'idee de vouloir faire de la pub, mais j'ai decouvert que chez Mr Donut, il suffit d'acheter un donut avec un cafe (immonde) pour pouvoir rester le temps qu'on veut au chaud tout en ayant le cafe (toujours immonde) a volonte. Cela me fait penser a une blague sur la restauration a volonte pas toujours tres bonne (la bouffe pas la blague hein !), je vous la livre : "It is not about all you can eat, it is all about you can stand." J'ai essaye de passer aussi peu de temps que possible a l'hotel car ma chambre etait encore plus petite que celle de l'Empereur a Takayama. Petite fantaisie de l'hotel, on ne pouvait se servir de la salle de bain que de 17h a 19h puis de minuit a 1h... Bizarre autant qu'etrange, j'ai eu beau m'interroger, je n'ai pas su trouver le debut d'une explication logique malgre l'aide d'un peu de sake.
Sur ce, j'ai quitte Osaka pour Maizuru, le port d'ou appareille le ferry a destination de Hokkaido. Prudent, j'avais prevu de passer une nuit sur place avant le jour du depart. Alors que des trombes d'eau s'abattent sur la ville et qu'enfin, je trouve un hotel ou me refugier, je me resouds, a payer un prix exorbitant pour une chambre. Je me rends ensuite a l'embarcadere pour reserver mon billet et la, surprise, j'apprends que le ferry part en fait le jour meme. Je maudis brievement l'employee de l'office du tourisme qui m'avait induit en erreur puis, trempe jusqu'a l'os, je retourne a ma chambre. Le depart ayant lieu tard dans la nuit, je tue le temps en prenant un bon bain chaud, en faisant secher mes affaires et en buvant une biere. Je suis un peu saoule par mes derniers jours sur Honshu, l'ile principale, heureusement, je mets les voiles.
Nous sommes bientot au mois de fevrier et demain, j'arriverai a Otaru. A moi, l'hiver de Hokkaido ! Pourvu que les Alpes aient ete un entrainement suffisant au grand froid...