Decidement, il fait froid dans les Alpes ! Takaguni ha sugoku samui dayo !
Me voici a attendre Mitsu pres de la gare, il n'y a pas de neige ici, juste du froid. Il arrive sur son velo, les cheveux longs dans le vent et me salue en francais. En effet, il est patissier et a deja passe un moment en France. Sur la route vers sa maison, on s'arrete a la boulangerie ou il travaille, j'y recois pleins de petits pains, au levain, s'il vous plait. He, he, il est parfois avantageux d'etre francais, si, si, ca arrive. La maison de Mitsu est assez grande mais l'isolation ne vaut pas mieux que celle du temple de Takayama. Ainsi, malgre mon sac de couchage certifie -5, et un sac en soie, j'ai froid, etonnant non ?
Je decide de decouvrir un peu Ueda en me promenant. Rien de bien spectaculaire au programme, je me perds un peu dans la foret environnante et je visite le parc du chateau. Mais Ueda et proche de Nagano et me voici le lendemain en direction de cette ville. D'habitude, je peste contre les trains surchauffes mais comme mon reveil a ete glacial, au vrai sens du terme, stalagtite pendant du robinet et m'empechant de preparer le the, chasse d'eau gelee, etc... Je suis content d'avoir trop chaud.
Nagano, en plus d'avoir accueilli les jeux Olympique de 1998, recele un des temples les plus importants du Japon, le Zenko Ji. En fait, j'ai remarque que tous les temples du Japon sont plus importants les uns que les autres suivant la secte a laquelle ils appartiennent. Tout de meme, je dois reconnaitre que le site est vaste, en plus d'un imposant batiment central, il y a aussi une haute pagode, et plusieurs annexes. Le tout etant recouvert de neige, ca devient tres pitoresque. Une statue de Budha se voyant aspergee par une fontaine est recouverte de glace, c'est joli.
Un autre jour, je me rends au temple de Togakushi perche a flanc de montagne. L'acces aura ete plus difficile que prevu car la route qui y conduit depuis l'arret de bus est ensevelie sous plusieurs metres de neige. Je tente bien la traversee mais sans raquette je m'enfonce jusqu'aux cuisses, je fais donc demi-tour et choisi un autre chemin, plus long mais praticable. L'ascension jusqu'au temple est plus aisee meme si ca glisse un peu et que j'ai de la neige aux chevilles. Alors que je marque une halte pres d'un Torii, un portail, une arche en fait, en bois qui marque l'entree au sanctuaire, j'apercois un Japonais qui arrive tout de camouflage vetu, en raquette et avec deux appareils photos en bandouilliere, chaqu'un coutant plusieurs SMIC. Je ne peux resister a lui demander s'il prevois de passer la nuit au sommet avec ton son equipement... Et la, deception, il confesse qu'il "ne sait pas marcher" et veut juste aller au temple prendre quelques cliches en bon photographe du dimanche. J'avais oublie a quel point les Japonais se doivent d'etre sur-equipes des qu'on mentionne une petite difficulte. Dites leur que la vaisselle est tres sale et ils debarqueront avec des gants, des lunettes, un karsher et du destop, peut etre meme un laser qui sait ?
Remarquez que les Francais, avec leur fierte sont pas mal non plus... Je me sens oblige de lui prouver que tout son attirail ne sert a rien et je le distance tres vite, il arrivera un bon quart d'heure apres moi au temple. Mais la-haut, nouvelle surprise. Je croise un couple qui a carrement pris des skis !!! Je crois rever, est-ce qu'il faut un 4x4 pour ammener un gosse au bac a sable ? Enfin, ils sont gentils et on discute un peu. Il me faut ensuite me hater car je risque de rater le dernier bus. Malgre mes efforts, je comprends en jetant un oeil a ma montre que je n'ai aucune chance, je tente donc le tout pour le tout et je leve le pousse en esperant que quelqu'un veule bien s'arreter meme si ma premiere experience du stop au Japon avait ete un total fiasco. Mais cette fois, la chance me sourit. Deux vieilles dames qui m'avaient apercu au temple s'arretent et me deposent a l'arret de bus, juste une minute avant que celui-ci n'arrive !
Me voici de retour chez Mitsu avec l'envie de faire un gros repas, on cuisine donc ensemble puis il me montre sa serie du moment, "Keitai sousakan 7", les histoires d'un telephone portable detective (!) qui livre une guerre sans merci aux cyber-criminels, ta, ta, tan !
Le lendemain, je me lance dans l'ascension d'une petite montagne proche de Ueda, il faut que je m'entraine en prevision des randonnees a Hokkaido. Si la montee se fait sans encombre, la descente est plus hasardeuse avec la neige. Il m'arrive meme de ne pas avoir a lever les pieds et de me laisser glisser sur la pente, banzai !
Apres cinq jours, il temps de partir d'autant que Mitsu part passer le week-end a Tokyo. Tres gentillement, il me propose de rester pendant son absence mais il ne faut pas abuser et puis, une nouvele destination m'attend, Kanazawa dans la prefecture de Ishikawa. C'est ainsi que je quitte les Alpes japonaises, tres belles pour ce que j'en ai vu.