Vapeurs de mazout et paradis perdu
Apres un court trajet en bus, on s'entasse dans un bateau a l'air fatigue qui doit nous conduire a Battambang. Peu apres le depart, un "boum" retentit derriere nous. Un gros tonneau en metal contenant le carburant pour le moteur s'est renverse, le mazout coule partout et imbibe nos sacs. Quel bonne idee de stocker le carburant de la sorte, ils pourraient au moins ferme le tonneau... Je decide donc d'allumer une cigarette pour detendre l'atmosphere. Mais non ! C'est une blague ! Je m'eclipse de la cabine pour me rendre sur le pont a l'arriere du bateau qui a l'avantage d'etre meiux ventile tout en etant a l'ombre. Garuche lui, choisit le pont superieur, a l'air libre mais en plein soleil.
Au fil de la traverse, je fais connaissance avec une Francaise, un Canadien et un bonze qui retourne a son village natal. On chemine pendant de longues heures au milieu de canaux, visiblement entrentenus seulement par le passage des pyrogues et autres barques. Lorsqu'un bateau arrive en sens inverse, le plus petit cede le passage au plus gros, il lui faut donc se glisser du mieux possible dans la dense mangrove pour laisser passer notre bateau qui n'hesite pas au passage a froler ou racler genereusement sa coque. Je decouvre que l'homme qui surveille le moteur lui, n'hesite pas a fumer pres du tonneau de combustible, comme quoi, l'interdiction de fumer dans les stations services n'est pas fondee. C'est une precaution tres occidentale d'ailleurs car en ecrivant ses lignes, je me rappelle du Laos ou l'essence est aussi distribuee en bouteille, stockees de preference en plein soleil, cela vaut aussi pour la Mongolie ou les gens font le plein en laissant tourner le moteur et l'autoradio, le tout avec la clope au bec. Quoiqu'il en soit, cela met du piquant a la traversee tout comme les branches des arbres qui viennent fouetter le bateau et, au passage, les passagers qui ont negligement tourner le regard ailleurs.
On marque une petite pause dans un village de pecheurs sur le lac Tonle Sap pour se rassasier mais les vapeurs de mazout m'ont coupe l'appetit. On traverse par la suite d'autres villages ou se dressent des grues en bambou permettants de hisser les filets hors de l'eau. Le cadre est superbe mais je ne suis pas sur de vouloir goutter a leurs poissons, non seulement beaucoup de bateau passent a proximite mais en plus, tout le monde jette ses dechets dans le lac. Il est certain que les Cambodgiens ont d'autres priorites que de soucier de l'environnement mais c'est tout de meme un peu regrettable. Enfin, on ne pas faire la fine bouche, la traversee etait quand meme magnifique et on ne regrette pas d'avoir prefere le bateau au bus.
Nous voici donc a Battambang, une ville assez importante ou on ne s'attardera pas. On se rend vite compte que le "bambou train" ne sera pas pour nous. Les rails ou circulent ces petits trains composes de deux essieux sur lesquels est posee une planche et un moteur ne parcourent qu'une courte distance et pas vraiment dans la direction voulue. Pour essayer cette attraction, il faut passer par une agence qui vient vous recuperer en bus a l'arrivee. Tant pis, on prefere laisser tomber et reserver un bus classique vers Sihanoukville et ses plages paradisiaques. On passe donc une soiree calme a Battambang que l'on quitte de bonne heure le lendemain matin.
Apres plusieures heures de bus, nous atteignons donc Sihanoukville. Nous avions convenu avec l'auberge ou nous avons reserve une chambre que quelqu'un vienne nous chercher mais personne n'est la a la sortie du bus. On decouvre qu'en fait le bus s'arrete au parking d'un hotel dans l'espoir que les voyageurs y prendront une chambre mais ne se rend en fait meme pas a la gare routiere. Heureusement, les gens sont gentils et je suis autorise a passer un coup de fil gratuitement a notre auberge pour leur expliquer la situation. Il nous faut patienter un peu mais quelqu'un passera nous prendre. Evidemment pendant ce temps, d'autres tuk-tuks nous expliquent que personne ne viendra et qu'il vaut mieux pour nous d'utiliser leurs services... Bien essaye, mais ca ne prend pas ! Finalement, ce n'est pas un tuk-tuk qui se presente mais deux scooters. Les pilotes glissent nos gros sacs entre leurs jambes et nous nous asseyons a l'arriere avec nos petits sacs sur le dos, en route !
On atteint sans encombre l'auberge tout a fait correcte et avec la climatisation dans la chambre. Il est tard et notre soiree se limite a une breve promenade et a un repas durant lequel on remarque que beaucoup des touristes autour de nous sont accompagnes de Cambodgienne aux petits soins pour eux. On se fait d'ailleurs abordee par une jeune femme a l'air un peu ravage par les exces qui semble "rever" de compagnie. Reve pour certains, cauchemard pour d'autres, on en restera la.
En ce 16 decembre debute l'operation "glandouille a Sihanouk". On se balade le long des plages ou les bars se pressent les uns contres les autres. L'endroit devait sans doute est tres beau mais ce n'est plus vraiment le cas. On se dirige ensuite vers le centre ville, Garuche veut se renseigner pour faire de la plongee et je suis a la recherche d'un peu de lecture. C'est ainsi qu'on fait la connaissance d'un vieil Italien qui tient une petite librairie d'occasion. Il parle tres bien francais et on passe un moment a discuter. Je repars avec quelques livres alors qu'on se dirige a present vers le marche couvert. Apres avoir passe un moment dans le dedale des boutiques, on rentre tranquillement vers l'auberge. Garuche va se faire dorer, ou plutot rotir, la pillule pendant que je bouquine au frais dans la chambre. En fin d'apres-midi, on lezarde sur la plage et on profite du couche de soleil en sirotant une biere.
La pluie arrive le jour suivant et on passera deux jours principalement cloitres dans la chambre a regarder la television et a lire.
Il est temps de partir vers Phnom Penh que nous atteindrons ce 19 decembre... Affaire a suivre.