Pas a pas autour de l'Annapurna - Chapitre 5

Publié le par On va ou ?

Aujourd'hui est le 4 octobre, le seul jour de l'annee situe precisement entre le 3 et le 5 octobre, pour celebrer dignement cet evenement, nous decidons de retirer de l'argent. Il nous faut attendre 10h l'ouverture de la banque. On essaye d'abord un bureau de change mais celui-ci n'accepte pas les cartes de credit. A 10h, la banque ouvre comme prevue mais il faut encore patienter pour que le distributeur soit lui aussi allume. On ne peut retirer que 5000 roupies a la fois. Garuche retire trois fois, moi une puis le distributeur plante (ce qui arrive frequemment au Nepal). Je me dis que ce n'est pas bien grave car on pourra retirer ailleurs sur le chemin. Helas apres avoir questionne Bahlam et jete un oeil a la carte, je dechante. Il faut donc que j'aille au bureau de change utiliser quelques precieux travellers cheques. Tout ceci nous fait perdre du temps et nous quittons Jomoson un peu tard.
Nous avons 23km a parcourir en legere descente. il pleuviote, le vent souffle et le ciel est bouche, un bon temps pour de la photo ! Je branche mon mp3 sur les Tetes Raides, ca inspire. Presque deux heures se sont ecoulees le long du Kali Gandaki, son cour est encore tranquille au milieu d'un large lit de rocaille. Nous avons traverse la ville de Marpha dont le monastere est juche sur le flanc d'une montagne. Il y a de nombreux champs de mais et de millet. On croise laroute d'un Francais qui effectue le trek en compagnie d'un Ecossais. On marche et discute avec eux durant deux heures jusqu'a Tukuche. C'est de ce village que Mauroce Herzog et son equipe avaient lance les marches de reconnaissance vers le Dhaulagiri et l'Annapurna. On y reste le temps d'un excellent dal baht avant de reprendre la marche.
S'il ne pleut plus, le temps est toujours aussi gris. Le debit du kali Gandaki augmente a mesure que la vallee se transforme en gorge. Les montagnes sont tres boisees. On croise une gamine qui joue avec un baton en le faisant tournoyer autour d'elle. Je l'imite avec mes batons de marche ce qui l'a fait rire. Apres une courte incursion dans la boue, nous voici a destination, Kalapani. L'auberge est agreable, la douche est chaude et la nourriture est bonne. Ce soir c'est lasagnes pour tout le monde. A table, on rencontre le couple de Francais de Manang, Amelie et Nicolas. On partage une bouteille de vin locale avec le couple d'Israeliens qui suivent le meme itineraire que nous. Il est maintenant temps d'aller dormir avant une nouvelle longue marche le lendemain.

Pour rejoindre Tatopani a 20km, on marchera a nouveau principalement en descente. Avant de quitter Kalopani, on fait le plein d'eau dans une "water station", il s'agit de stations disseminees dans les villages qui fournissent de l'eau filtree et bouillie ou purifiee a l'azote. Ce programme a ete mis en place avec l'aide d'autre pays (pas la France vous vous en doutez) et permet de beneficier d'eau a un prix reduit. On passe ensuite a un checkpoint, plus frequent depuis Thorong La, pour faire tamponner nos permis.
Le temps est toujours aussi mauvais. On ne voit aucun sommet entre le ciel gris et la brume, le vent et la pluie viennent parfois nous contrarier un peu plus. Heureusement, lavegetation et la topographie permettent tout de meme de faire plaisir a nos yeux. Dans les villages, des enfants demandent parfois a etre pris en photo dans l'espoir d'obtenir des bonbons ou simplement pour s'amuser. Pour le repas de midi, on stoppe pres d'une cascade et on s'abrite sous le toit d'un petit restaurant qui sert un delicieux dal-baht. Apres avoir repris la route, on apercoit nos deux amis israeliens en pleine partie de volley avec des Nepalais. On leur lance quelques encouragements depuis la route avant de passer un pont un pont suspendu egalement emprunte par les moto malgres son etroitesse. On traine un peu le pas, la musique dans les oreilles pour faire abstraction de la meteo maussade. Les Israeliens nous rattrapent et on termine la marche ensemble.
L'auberge ou nous allons est composee de plusieurs cabanons perdus dans un jardin tropical. Nous sommes passes sous les 1500m d'altitude et la vegetation est tresdifferente avec l'augmentation de la temperature. Les moustiques sont lapour nous recevoir. Comme il est deja un peu tard, nous recuperons sans doute une des chambres les moins accueillantes. On se consolle en allant aux sources d'eau chaude toutes proches afin de bien se detendre avant une nouvelle marche ardue.Bahlam souahite que nousdivisions cette etape en deux, Tatopani - Shika puis Shika - Gorepani. Il ignore encore mais nous ferons les 1600m de denivele positif d'une seule traite. Apres un bon repas, nous voici au lit dans une torpeur toute tropicale.

Apres un petit dejeuner en compagnie des moustiques, on fait le plein de snickers (il est impossible de trouver de vraies barres cereales...) et d'eau. On entre tres vite dans le feu de l'action en descendant une pente raide. Le temps ne s'est absoluement pas ameliore ce qui commence a nous inquieter. Dans le vent et la pluie, on entame ensuite notre tres longue ascension ou se succedent de tres nombeuses marches et des quantites de boue. En quelques metres, on passe d'un decors presque tropical a un tempere, les luxuriantes plantes cedent la place a de sobres feuillus. On passe Sikka ou Bahlam avait souhaite s'arreter et on poursuit jusqu'a Chitre on l'on croise un autre couple de Francais qu'on croise regulierement et avec qui on a pu un peu discuter aux sources d'eau chaude. A nouveau, nos permis sont vises a un checkpoint puis en sortie de village, on stoppe pour manger le traditionel dal-baht qui bat aujourd-hui des records, lecurry etant exceptionnel.
On repart sous la pluie et pour ne pas changer, on se met de la musioque dans les oreilles pour se stimuler. La merche passera ainsi assez, j'ai un peu force le rythme car il pleuvait trop pour pouvoir sortir l'appareil photo. Une fois a destination, Bahlam nous conduit a une auberge aux vraies allures de refuge pour une fois. La piece principale a un poele en son centre. A l'etage, les chambres sont separees par de minces cloisons en bois. Dans le couloir on rebondit sur un surprenant tapis rembourre. Alors que la pluie tombe en trombe au dehors, on est heureux de se rechauffer sous une bonne douche chaude avant un repas et un repos bien merite.

Aujourd'hui, c'est repos ! On traine donc au lit. On a prevu de monter les 400m qui nous separent de Poon Hill ou l'on beneficie d'un point de vue incroyable sur les massifs du Dhaulagiri et de l'Annapurna. Helas, le ciel continue sans relache de deverser des baquets d'eau et on reporte donc en attendant une eclaircie. On passe ainsi la journee a lire, ecrire et a visiter les boutiques du villages ( un magasin de souvenir et une epicerie...). Il y a un acces internet en panne lors de notre passage car l'electricite n'est plus disponible. Lorsqu'on y retourne dans l'apres-midi, les ordinateurs sont operationels mais tous les quarts d'heure, les plombs sautent et chaqu'un doit recommencer la redaction de ses mails. Lasses, on retourne a l'auberge ou on feignante jusqu'au repas. On prie Indra de faire preuve de clemence a notre egard et de laisser percer les rayons du soleil absent depuis si longtemps. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter pleinement de Poon Hill...
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Publié dans Nepal

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