En route vers Gobi !

Publié le par On va ou ?

Apres deux jours passes a Tsagaan Nuur, nous voici a nouveau sur la piste en ce 31 aout.

On longe un canyon, apparu au milieu de nulle part. Durant une heure, on passe le temps sur la rive de la riviere qui coule en son fond. L'endroit est vraiment magnifique. Ganba fait jouer de la canne a peche mais sans succes, on a pourtant vante son adresse.

En fin d'apres-midi, On marque un arret a la ville de Tserseleg. Ganba doit y retirer de l'argent car il a les poches vides. En theorie, les banques ferment a 18h, il est 17h15, tout va donc pour le mieux, il y a de la marge et pourtant...
Seulement deux banques sont encore ouvertes, dans l'une rien ne marche et l'autre se voit prise d'assault. La queue est tellement longue qu'attendre est peine perdue.
Flo et Garuche vont jeter un oeuil a des boutiques de vetements pendant que je m'occupe de l'intendance et vais a ll'epicerie. Ils reviennent chaqu'un avec un del, l'habit traditionnel mongol. C'est sans doute difficile a porter dans un metro mais sur un cheval, ca en jette !

Apres avoir traverse de jolies vallees, nous atteignons notre destination qui nous fut decrite comme des sources d'eau chaude. Helas, l'image de bassins naturels perdus au milieu des steppes que je me faisais, disparait a la vue du complexe touristique ou nous arrivons. Il est vrai qu'il etait mentionne "luxury accomodation" sur notre itineraire. Trois longues rangees de yourtes "tout confort" sont alignees devant un restaurant. Les sources d'eau chaude sont en fait deux bassins en dur construits apres les douches. On est decu mais c'est tout de meme un plaisir de profiter d'une douche chaude. Pour faire d'une pierre deux coups, J'y fais aussi ma lessive (sous la douche hein, pas dans le bassin quand meme).

Au matin, on profite encore des douches avant le depart. Bien vite, on baptise officiellement notre nouveau chauffeur Bolt du surnom de Gary. Son air bete et innocent nous empeche de lui en vouloir pour sa mediocre conduite.
Sur les coups de midi, on stoppe pres d'un puit dont la pompe s'actionne normalement grace a des chevaux qui tournent autour. Comme nous n'avons pas de chevaux, Ganba et Garuche, bientot suivis de Flo s'executent. Une fois nos bidons remplis.
Ganba nous fait invite par les occupants du yourte toute proche. On fait connaisance avec les nomades qui nous offrent de l'airak (du lait de jument fermente) ainsi que du beurre qu'on mange sur du fromage sec, gris et dur. On apprend que 5 personnes vievent sous cette yourte meme si lors de notre visite c'est presque 10 personnes qui sont presentes. Leur revenus proviennent de la vente de cachemire et parfois de chevaux ou de produits laitiers. Ils se rendent a Ulaanbaatar au printemps pour vendre leurs produits et parfois egalement en ete. Le restant de l'annee, ils font un peu de troc.
Bien sur, on eveille les curiosites et on en vient a parler de nous. Nos ages les surprennent, ils nous croyaient plus vieux, sans doute a cause de la barbe. On pose le bol d'airak auquel succede une autre boisson alcoolisee mais tres legerement. Cela ressemble a de l'eau et est issue de la distillation du yaourt fermente. Nos hotes sont intrigues par le tablac a rouler et s'essaye a rouler leurs cigarettes avec plus ou moins de succes.
Apres avoir fait nos adieux dans la yourte, ils nous accompagnent jusqu'au van et acceptent de poser pour quelques photos. Nous repartons, ravis de la rencontre.

Par la suite, les paysages deviennent de plus en plus caillouteux, clairement d'origine volcanique. En fin d'apres-midi, on atteint une gorge ou serpente une riviere. On la longe a pieds jusqu'a une cascade d'une quinzaine de metres de haut. D'apres Ganba, c'est l'unique chute d'eau de Mongolie, elle est sacree et un obo (cairn) fait de bois a ete forme a cote. On y passe un moment avant de rejoindre Ganba et Gary. Ce dernier exibe fierement les prises de Ganba qui s'est lance dans une partie de peche. Cette fois, il en sort grand vainqueur avec 6 poissons pour nous 5, on sait donc ce qu'on mangera ce soir !
Apres un court trajet en van on s'arrete en bord de riviere pour dresser les tentes et allumer le feu. On se regale du poisson puis on ne tarde pas a gagner nos duvets.


Le lendemain une fois le camp leve en compagnie de chevaux venus s'abreuver et de rapaces qui planent autour de nous ou se posent sur les arbres alentours, on bondit dans le van. Celui-ci fait de sourds claquements et Ganba doit changer un silent-block au premier village que l'on croise.
On traverse ensuite de petites vallees assez etroites et tres boisees mais qui font pales figures en comparaison des paysages des derniers jours. A la pause de midi, on gravit une colline afin de profiter de la vue sur la steppe qu'on traversera durant les prochaines heures.
C'est une vraie ville, a l'echelle de la Mogolie, a laquelle on arrive en debut de soiree. On profite d'internet pendant que Ganba et Gary se chargent des courses puis on prend le repas du soir dans un petit restaurant. Il ressemble en fait d'avantage a un pub avec son interieur boise. Apres avoir vide nos assiettes, on repart dans la nuit pour une heure de route dans ce qui maintenant est veritablement le desert. C'est a la lumiere des phares du van qu'on monte les tentes avant de passer notre premiere nuit dans le Gobi !

Ce 3 septembre, nous ouvrons les yeux dans le desert, le vrai, il n'y a rien a voir a des kilometres a la ronde, a peine quelques pousses timides qui percent le sol poussiereux ca et la. Des nuees d'oiseaux voelent en rase-motte. La route va etre longue aujourd'hui.
C'est dans un campement utilise par les nomades au printemps pour abriter les troupeaux que nous faisons halte pour dejeuner. Si le lieu est vide, les betes ont laisse des traces ainsi, si nous avons un toit en bois, c'est un tapis de fumier que nous avons sous les pieds... Heureusement, on est pas trop sensible de l'odorat et au moins on est au sec. Pourqui faut-il qu'il pleuve lorsqu'on est dans ledsert ?
On continue de passer des heures dans les chaos et la poussiere. La maladresse de Gary ne cesse de nous surprendre mais pourtant, la chance nous sourit sur la piste. On apercoit un condor, un renard puis apres un arret pour tirer de l'eau a un puit et alors que le soleil se couche, ce sont des antilopes qu'on voit gambader a toute vitesse. Entre temps, Ganba a recuperer le volant augmentant de facon notable notre vitesse moyenne afin d'arriver a bon port avant la pleine nuit. En effet, il lui faut encore trouver le campement d'amis a lui, nomades qui en ete reside pres des dunes de Khangor, notre objectif. Apres quelques hesitations, on decouvre les deux yourtes. Son ami est absent, il n'y a que l'ami de son beau-frere et son enfant. Habile negociateur, Ganba parvient tout de meme a nous faire rester.

Apres une nuit epouvantable passee a avoir mal au ventre, le reveil sonne a 5h30 car je souhaite voir le lever du soleil. En fait, ma toute premiere activite sera un sprint afin de satisfaire une envie tres pressante. J'ai mal au crane mais je decide de faire un tour tout de meme afin de profiter de la lumiere. Je reveille Flo qui m'accompagne. On passe un moment a prendre des photos puis Flo retourne se coucher, j'ai la meme envie mais alors que je jete un dernier coup d'oeil aux dunes, le jeu d'ombre et de lumiere me fait rester dehors pour quelques clichets supplementaires. C'est ainsi que je me vois bientot patauger dans un marais pour aller prendre la future couverture du Nationao Geographic (Arf, il parait que l'espoir fait vivre... en tout cas, il salit les godasses).
Enfin je retourne a mon lit et lorsque Ganba entre plus tard sous la yourte pour preparer le petit dejeuner, je sais que je suis officiellement malade. Les oeufs au plat avec onions fris ne me font aucune envie. Est-ce que le mouton qui mange le mouton tombe necessairement malade ? Est-il possible que la viande conservee dans une sac plastique pendant plusieurs jours puisse etre avariee ? L'eau puissee au hasard des points d'eau et stockee dans des bidons qui sentent encore le kerosene serait-elle nefaste meme une fois bouilli ?

Mais l'important n'est la. On est pas en Mongolie pour rester couche alors j'accompagne Garuche et Flo dans l'ascension des dunes de Khangors quitte a mouiller la laine. Le moins qu'on puisse c'est qu'elles sont impressionantes, la dune du Pilat n'a qu'a bien se tenir ! Elles s'etalent sur 100km de long et 1km de large pour 100m de hauteur. La montee dans le sable et le vent est eprouvante, on aurait souhaite avoir vraiment quatre pattes mais, une fois au sommet, la vue est grandiose. Je recupere ensuite les appareils photos de Flo et Garuche qui se lancent dans une course, devallant la pente a toute berzingue.
Pour le restant de la journee, je me mets au repos. Flo qui lui aussi succombe a la maladie attend pendant un long moment le retour de notre hote avec qui Ganba a negocier une ballade a dos de chameau. Puis, avec Garuche, ils partent finalement faire un tour dans les environs.
Le repas du soit est pour Flo et moi des plus frugals et si nous avions eu de la lumiere, on l'aurait eteinte de bonne heure.
Demain, nous quittons les dunes pour nous enfoncer plus profondement dans Gobi.

 

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Publié dans Mongolie

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