Khovsgol Nuur
Nous sommes aujourd'hui le 25 aout. Apres un reveil au milieu de nulle part sur les banquettes arrieres du van, on reprend la route a 6h30 en direction de la ville de Moron ou on prend le petit dejeuner. Ganba nous conduit aussi au marche de la ville pour faire des courses necessaires pour quelques jours. Ca ressemble a n'importe quel marche si ce n'est que beaucoup d'echoppes se trouvent dans des containers de bateau et que les plus gros stands sont ce de vente de viande de mouton.
On remonte dans le van en direction du lac Khovsgol (Khovsgol nuur en mongol). Les paysages sont superbes mais je ne peux pas m'empecher de dodeliner de la tete suite a la courte nuit qui fut la notre. On atteind le parc national ou on marque un arret le temps de prendre le repas de midi puis nous voila reparti pour une petite heure de route jusqu'a notre campement, un ger, avec seulement quelques yourtes. Apresavoir lance un feu dans la notre, on part se promener le long du lac, gigantesque et tres profond. Khovsgol signifie d'ailleurs profond en turc. La soiree est calme et assez courte, on s'ecroulerapidement de fatigue.
Le lendemain, on traine au lit, il pleut et des gouttes perlent par le toit de la yourte. Apres un copieux petit dejeuner, Mogy et Ganba nous depose au pied d'une montagne pour une petite randonnee. Nous sommes tout proche de la rive du lac, le sentier en pente douce serpente a flanc de montagne. La foret qui l'habille a deja commence a prendre une teinte automnale. Des feuilles jaunes s'associent a des plantes d'un rouge profond qui au milieu de coniferes toujours verts composent un patchwork colore du plus bel effet. Au fil de la montee, ce joli ecrin cede la place a de la rocaille. Au loin et pourtant si proche, on apercoit le lac Khovsgol ainsi qu'un de ses affluents a sec en cette saison dont le lit de galets est bien visible au milieu des arbres. Le temps est tres capricieux, de gros nuages tantot blancs, tantot gris font alterner de chauds rayons de soleil et des averses heureusement legeres. Une fois sur les hauteurs, nous decouvrons enfin toute l'etendue du panorama. Plus a l'Est, les montagnes, plus hautes, sont coiffees de neige. Devant nous s'etend un vaste plateau recouvert de pierres. Quelques arbres y poussent, battus par le vent, bien seuls dans ce desert mineral. Nous poursuivons la marche avides de nouveaux paysages jusqu'a un nouveau plateau. La se dressent de nombreux cairns decores par les Mongols d'etoffes de soie et de drapeaux. On y trouve aussi des offrandes. Traditionnellement, il s'agit de cheveux mais de l'argent y est aussi depose. Les cairns donnent vie a la montagne. Dans cet etrange decors presquemystique, on s'accorde une pause afin de se rassasier avant d'entamer la descente. Celle-ci est rapide car le chemin est facile. A l'arrivee, Ganba nous attend avec un ragout de mouton qu'on commence a manger au milieu d'une nuee de moustiques particulierement aggressifs. Soudain, la pluie revient et nous force a nous briter dans le van. On s'attarde pas et nous reprenons bientot la direction du campement. Garuche et Flo se sont mis au defi de plonger das le lac. Annoncant clairement que je ne les suivrai pas, je les pousse tout de meme a s'executer, cela promet de sympathiques photos.
Apres avoir diner d'une soupe de mouton, quelle originalite, chaqu'un vaque a ses occupations. Un enfant de la famille qui tient le ger est hypnotise par l'appareil electronique de Flo dans lequel il peut observer les photos de notre voyage au Kazakhstan.
C'est notre dernier jour au lac. On loue des chevaux pour une ballade de 4 heures avec un guide qui ne parle pas anglais. Il nous conduit a travers la foret dans la basse montagne. Nos chevaux sont tres dociles, on se dit que cela doit etre dans les genes. A la premiere pause, je constate que le cheval est fatal a mnes tendinites aux genoux. Heureusement, on est tous tres contents, c'est le plus important. On entame ensuite une descente entre les arbres. En France, on aurait jamais eu l'occasion de faire de telles choses, normes de securites ( a la con) obligent. On slalome entre les arbres jusqu'a atteindre une prairie ou nous faisons notre premiere course. On longe ensuite tranquillement le lac avant de se lancer dans un galop effrene, tant pis pour mes genoux et pour le ceant de Garuchequi le fait souffrir. Une langue de terre s'etire sur notre gauche pour fendre le lac. Alors que nous terminons pratiquement le tour de cette bande de terre, le ciel se couvre. On decide de passer nos vestes qui sont toutes dans le sac a dos de Garuche. Il les distribue puis passe le sac a Flo. Lorsqu'il lui rend, une sangle tape le cheval sur le flanc qui vire brusquement de bord en faisant tomber Garuche. Il y a plus de peur que de mal. On poursuit notre heroique chevauchee bien decides a lancer encore nos fideles montures dans un epique galop. Flo et moi partons en tete mais mon cheval croise alors quelques uns de ses collegues attaches a un piquet et decide de se diriger vers eux. En meme temps, une sangle de mon etrier lache, je stoppe donc le cheval et fais signe au guide. Il me fait comprendre d'attacher la sangle au pommeau de la selle. Uine fois ceci fait, on repart au galop. Le terrain est un peu accidente et force Flo et moi a faire du slalom. Lorsqu'on arrete les chevaux, on remarque que Garuche est loin derriere avec le guide. On les attend et on apprend ainsi que le cheval de Garuche n'en fait plus qu'a sa tete, il n'entend plus que le mongol. Il faut croire que l'incident du sac l'a rendu moins docile. Quelques minutes apres, nous arrivons au ger.
Apres avoir englouti le repas de midi, on se dirige tous vers le lac pour la toilette. L'eau est froide mais c'est un mal necessaire. On passera le reste de l'apres-midi a faire lessive et autre corves. Pour faire secher le linge et aussi pour assouvir quelques tendances pyromanes, Garuche rempli integralement le poele de bois ou fini par bruler un feu digne des enfers. On aura pas froid cette nuit.
On prevoit de doubler l'etape aujurd'hui afin d'atteindre directement le lac blanc, Tsagaan nuur sans avoir a passer une nuit a mi-chemin dans un lieu qu'on pense ans interet. On grimpe danbs le van et sitot sorti du campement, on fait face a une piste extremement boueuse. Notre van a propulion s'enlise et on s'acharne en vain a le sortir. De nombreux vehicules passent a cote de nous mais aucun ne s'arrete, sauf un qui en fait, s'enlise aussi quelques metre apres nous sur une poiste parallele. Finalement, on reussi a obtenir de lui un cable rafistole et effiloche ce qui nous sauve la mise car un des camions bennes qui travaillent a la construction d'une route accepte de nous tracter. L'operation ne prend que quelques secondes. Mogy se lance ensuite dans une sacree demonstration de pilotage afin de franchir le champ de boue. Nous le laissons seul et observons la scene depuis la piste. Il lui faudra une bonne demie heure pour essayer differentes trajectoires et framchir une bute tout en souplesse. On aurait jamais cru cela possible sans casse. La suite, helas, nous donna raison car plus tard dans une cote, il s'avere impossible de passer le vitesse, l'embrayage a un probleme. Heureusment pour nous, Mogy est egalemet un as de la mecanique et bricole une solution de fortune. Nous atteignions enfin Moron, la ville n'est plus qu'a environ 500 metres lorsqu'il devient tout a fait impossible de passer les vitesses. On doit pousser le van avec une vitesse enclenchee puis, une fois celui-ci lance, il nous faut y grymper en courant, a la maniere des clandestins qui bondissent dans les trains de marchandises. On laisse enuite Mogy et son van devant un magasin de pieces mecaniques en atendant l'ouverture. Nous allons manger pres du marche de Moron avant de passer une heure sur internet pendant que Gamba tente d'avoir des nouvelles du chauffeur qui doit nous rejoindre demain avec son van 4x4. Les choses se compliquent un peu, on va devoir passer la nuit a Moron et attendre le lendemain pour joindre le van au lac blanc. On retrouve Mogy, couche dans le sable sous son van. Il a demonte l'arbre de transmission pour nettoyer toute la boue qui s'y etait logee et a rendu le van a nouveau operationnel.
On passe la soiree a apprendre un nouveau jeu de cartes tire d'un livre de Garuche, le poulignac.