Pas a pas autour de l'Annapurna - Chapitre 1

Publié le par On va ou ?

Le jour tant attendu pointe enfin le bout de son nez ! Une breve course de taxi nous conduit a la gare routiere. On monte dans le bus, nos baggages stockes sur le toit. Un banc a ete ajoute dans la longueur de l'allee pour accuillir plus de passagers. Apres quatre longues heures, nous voici a Besi Sahar. Des flaques de vomi deversees des fenetres par des passagers trop sensibles gisent sur la chaussee. En essayant d'ignorer ce spectacle, on s'assied a un restaurant pour manger un morceau. On jete ensuite nos sacs sur nos epaules et nous nous dirigeons vers le checkpoint d'entrer dans le parc pour faire tamponner nos cartes TIMS. La pluie salue notre depart, on passe nos veste et on doit couvrir les sacs. Les choses serieuses commencent !

On emprunte d'abord un escalier jusqu'a une rivere qu'on traverse sur un pont en bambou de trois troncs qui est bien incline sur un cote. Celui borde judicieusement par un tronc qui sert de rembarde. Avec la pluie et, d'autant plus que la saison humide a gonfle les cours d'eau, le debit de la riviere qui bouillonne en-dessous est tres important, on decide donc de reporter la baignade.
On rejoint ensuite une piste ou on doit ceder le passage a des bus, des jeep et meme des vielles dames voutees et edentees qui transportent leur charge grace a une sangle passee devant le front comme le fond\t les hommes. Elles aussi marchent en sandalettes et serrent parfois une cigarette du coin des levres ou du bout de leurs doigts. Notre regard se porte vers de nombreuses cultures en terrasse, de petites maisons de boit et de tole, il y a des bananiers, des bambous, des fougeres et tout un tas d'espece qui me sont inconnues. On entend des insectes au son strident faisant penser a une scie circulaire ainsi que le bruit de l'eau, forte riviere ou mince filet serpentant sur le chemin. On traverse quelques hameaux et apres environs deux heures, nous atteignons un nouveau checkpoint ou cette fois, c'est notre permis qui est tampone. Enocre, on traverse des ponts de singe. Le decors est splendide, on parle peu. Du fond de la vallee, le denivelle avec les sommets environnant est impressionnant, il doit tout de meme y avoir facilement plus de 1000 metre de denivele. On croise frequemment des Nepalais qu'on salut au son de "Namaste", "Je salue le Dieu qui est en vous". Bahram nous fait arreter a une maison de the ou on marque une courte pause avant de repartir sous la pluie qui s'est remise a tomber.Comme la journee est deja bien avancee, on ne fera pas une longue marche. Presque deux heures plus tard, nous stoppons pour la nuit dans un lodge d'un village appele Nadi. L'hebergement n'est pas cher et on a meme la douche chaude dont on profite apres les etirements. On met a secher ce qui est humide puis on s'asseoit a une table du jardin jusqu'au repas a la nuit tombee. Nous avons bien notre riz fri mais les momos au poulet manquent... On apprend que c'est parce qu'il a fallu tuer le poulet ce qui prend un peu de temps. Au moins la viande est fraiche ! Il est temps de se glisser dans nos duvets, non sans au prealable, se debarasser d'un etrange ver rampant au pied du lit et qui nous parait louche.

Ma montre bipe a 6h15, le temps de petit dejeuner de poridge et d'omelette puis de boucler les sacs et deja il est 7h30. On longe la riviere Marsgyandi dans de somptueux decors de champs en terasse. Dans des zones plus humides et ombragees, on decouvre que le ver de la nuit precedente est en fait une sangsue. On parvient heureusement a les balayer de nos chuaussures avant qu'elles ne s'abreuvent du sang de nos mollets. Les terrasses de riz regorgeant d'eau et celles de millet, seches, ont pousse a tous les endroits accessibles. On croise des villages ou il y a souvent des gamins en train de jouer, travailler ou sourire aux touristes pour une photo et eventuellement du chocolat, un stylo ou de l'argent. Des vieilles dames s'affairent a la machine a coudre a pedale, d'autres retirent les poux des la tete des enfants ou s'occupent des grains de mais.
Au hasard des chemins, on croise des mules, des poules, des vaches ou des chevres. Soudain, on doit stopper la marche. Un Nepalais s'avance vers nous et nous explique qu'un glissement de terrain a emporte le sentier et qu'ils ont besoin d'aide pour le remettre en etat. Plus que nos bras, ce sont nos sous qui les interessent. On hesite, on analyse la situation. C'est tres pentu et recouvert de boue sur une epaisseur inconnue. Du haut du flanc de colline coule toujours des filets d'eau alors que des morceaux de terrain, disons de grosses motte de terre devalent de temps a autre la pente. Alors qu'on a pris la decision de donner un peu d'argent apres discussion avec Bahlam, un couple d'Israelien s'engage sur l'eboulement sans avoir donne un centime et... badaboum, un gros bloc se detache obligeant la jeunne femme a sauter dans la boue pour l'eviter. Elle a eu tres, tres chaud aux fesses. C'est ensuite au tour d'un autre Israelien qui refuse egalement de payer et des son premier pas sur la pente s'enfonce dans la boue jusqu'au genoux. Vu la facon dont il avait parle au Nepalais, on se dit qu'une chaussure pleine de boue est un chatiment juste. C'est maintenant a notre tour, on se dechausse et on porte nos chaussusres attachees autour du coup. Les Nepalais nous guides vers des pierres dans la boue. On ne s'enfonce pas plus haut que le mollet, seul Flo est monte jusqu'au genoux de la jambe gauche. On marque aussi une courte pause dans un village ou on se nettoie les pieds pour enfiler a nouveau nos chaussures, la randonnee pieds nus ca n'est pas encore pour nous. Nepalais qui veut !
Les paysages sont superbes, on s'arrete pour le repas de midi dans un petit restaurant avec vue sur une cascade. Petit a petit, la vallee se retrecit, se transforme en gorge. Les montagnes se rapprochent. Plusieurs fois on traverse la riviere sur de longues passerelles suspendues. Le ciel devient moins clement et on doit proteger nos sacs de la pluie comme hier a la meme heure. On arrive vers 16 heures a jagat ou on trouve des chambres bon marche a nouveau avec vu sur une cascade et le Marsgyandi. Il semble que 100 roupies (un peu moins d'un euro) par lit soit la norme. Ce qui s'annonce deja comme rituel fait immediatement suite a notre arrivee. Il faut s'etirer, faire la lessive du jour, aller faire le plein d'eau... A table, on discutte brievement avec des Israeliens (N'y a-t-il donc qu'Israel qui visite le Nepal ? Quelqu'un a-t-il eu la bonne idee de promettre une terre qui ne lui appartenait pas ?)

On quitte Jagat vers 8 heures en direction de Dharapani. Il fait chaud car le soleil tape fort. On longe toujours la riviere Marsgyandi, notre fil d'ariane jusqu'a present. Beaucoup de groupes nous depassent au pas de course puis on les rattrape en haut des cotes ou ils reprennent leur souffle. En fin de matinee, apres avoir longe une gorge a la parie quasi verticale, la vallee s'elargit et en haut d'une colline, on atteint un poste de police qui controle l'acces au district de Manang. On voit la riviere qui se diviseen nombreux bras, elle forme en hiver un lac a cet endroit, c'est d'ailleurs pour cette raison que le village a l'autre extremite de la valle s'appele Tal, lac en nepalais (emprunte au tibetain). On s'y arrete pour manger. On suit ensuite la riviere, la traversant quelque fois. Le climat est tres propice au chanvre indien qui, mauvaise plante locale, envahit les fosses. Alors que le sentier monte fortement, Bahlam nous guide a flanc de colline dans une zone ou il y a eu beaucoup de glissement de terrain mais cela nous evite un denivele important. Alors que le temps se gate un peu, on traverse a nouveau le Marsgyandi avant d'arriver a destination. L'auberge ressemble d'avantage a un refuge mais les prix augmentent. La bouteille d'eau se paye environs 60 roupies contre 10 a Kathmandu. Nous avons deja nos petites habitudes et pour ne pas y deroger, on discute avec... des Israeliens, tout juste Auguste ! Notre 3eme jour de trek se termine et tout va pour le mieux. Tout le monde est en forme et enchante, vivement demain pour une nouvelle aventure.

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Publié dans Nepal

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