• "Viens !" "On va où ?"
  • : Ou comment un projet d'effectuer la Route de la Soie s'est mêlé à un trek au Népal... Une chose est sûre, l'Orient nous appelle alors que l'envie d'aventures nous pousse sur la route. Nous rêvons de marche, de rencontres, de grands espaces, de nouvelles saveurs. Un bon voyage se fait les poches percées, sur du vent et de la trompette ! Tant de choses à voir et de personnes à rencontrer, comment voulez-vous rester le cul sur une chaise ! Ben, Flo et Garuche

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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 10:56

Durant les vingt heures de ferry, j'ai pu profiter d'un peu de confort dans un bain japonais avec vu sur la mer par les fenteres ! Ici, il n'y a pas de couchette mais un grand tatami ou on s'installe a sa guise. J'ai pu discuter un peu avec des chauffeurs routiers qui convoient des groupes electrogenes afin d'eclairer les statues du Yukimatsuri, le festival de la glace a Sapporo.

 

Une fois arrive a Otaru, je m'egare un peu dans la zone industrielle proche du port, entre la nuit et la neige qui vole dans le vent et surtout l'absence de panneau indiquant le nom des rues, ce n'est pas vraiment surprenant je pense. Alors que je croise un couple de Japonais, je leur demande s'il peuvent m'indiquer sur ma carte ou je me trouve. Je les vois hesiter, tourner la carte a l'envers et finalement me montrer un endroit a l'oppose de la zone ou je sais me trouver... Me voila bien avance ! Je continue donc a l'estinct jusqu'a ce que je croise une etudiante, elle ne sait pas trop me renseigner, apparemment les Japonais ont du mal a lire une carte, mais me propose de me guider jusqu'a une avenue que j'avais auparavant reperee sur mon plan. On discute en chemin et avant que nos routes se separent, elles m'offre des bonbons pour lutter contre le froid. Merci beaucoup !

J'arrive au Morinoki, une sympathique auberge, avec la barbe pleine de neige et la moustache presque gelee. Le proprietaire, Masa, rigole et m'explique qu'il etait aussi dans le ferry et m'a vu partir avec mon sac a dos. Effectivement, de son point de vue cela devait etre drole. Il m'offre une tasse de the pour me rechauffer ce qui n'est pas du luxe, j'apprend qu'il doit faire -18 le lendemain et que du blizzard est prevu, apres ma premiere experience de la chose, j'apprehende ma premiere visite d'Otaru. Une ville dans le centre de l'ile aurait meme deja atteind les -30... Donc je suis en  zone "estivale", c'est rassurant !

 

J'arpente donc dans un froid mordant les rues d'Otaru. Beaucoup de jeunes s'activent a realiser des sculptures de glace, sans doute pour essayer de concurrencer le festival de Sapporo qui debutera d'ici quelques jours. Mais Otaru a sa specialite, le festival des lumieres. De nombreuses lanternes seront bientot mises a flot sur un canal et les quelques sculptures sont embellies de chandelles. Mais pour le moment, les preparatifs ne sont pas termines et je me contente donc d'une petite promenade. J'ai les pieds geles a marcher sans arret dans la neige et la glace d'autant plus que je n'ai pas vraiment d'affaires chaudes. J'attends impatiemment un colis de France avec une bonne veste, un gros bonnet et un sous-pantalon en laine, ca ne sera pas de trop. Heureusement que Masa (mon viel ami, pas le proprietaire du Morinoki), m'avait donne une paire de gants. Apres une bonne heure, je rentre me rechauffer a l'auberge, des que je m'arrete pour prendre une photo, mes doigts et mes orteils souffrent, il vaut mieux rester actif pour faire circuler le sang.

J'ai la bonne surprise de decouvrir que ce 3 fevrier est la date du Setsubun, une fete celebrant l'arrivant du printemps... Alors que naivement je me croyais en hiver ! le plat traditionnel pour cette fete est le soba, des pates de sarrasin. J'assiste a la confection de celles-ci par un ami de Masa qui s'est echappe de son travail en avance, cet homme est un phenomene ! Ici, pas de machine pour decouper les pates, une bonne lame et des mains expertes font tout aussi bien le travail. Masa m'invite a me joindre a lui et ses invites ce soir car je suis le seul backbacker a l'auberge, j'accepte avec joie. Tous les convives viennent les mains pleines de nourritures, sushis, prunes et bien sur avec du sake et de la biere. Comme toujours, je genere une foule de "heee" et de "hooo" lorsque les invites m'entendent prononcer quelques mots en japonais, ils sont egalement surpris de me voir manger avec des baguettes. Les Japonais sont toujours convaincus que les gaijin sont incapables de "vivre a la japonaise" et s'emerveillent d'un rien. Il me faut gouter a tout, y compris au nato, des germes de soja fermentes dont j'avais garde un mauvais souvenir. Mais cette fois, celui-ci est servi dans une sorte de "crepe" realisee avec du tofu qui me reconcilie avec le nato. Une drole de surprise sera par contre des fruits de mer secher, je n'avais pas vu le coup venir et croyant manger un morceau de pate de riz je me retrouve avec un coquillage seche dans la bouche qu'il me faut mastiquer avec ardeur avant de pouvoir l'avaler. On papaute jusqu'a tres tard, bien sur, il a fallu ouvrir une bouteille de sake local... Je devrais bien dormir ce soir.

 

Le yukimatsuri a Sapporo doit ouvrir le lendemain. Aussi, je suis les recommandations de Masa et m'y rend le jour meme afin d'eviter la foule. C'est un tres bon conseil, tout est pret ou presque et je n'ai pas a affronter la cohue. Je visite un premier site avec d'impressionantes statues de plusieurs metres de haut, mes preferees sont celles d'animaux des neiges realisees avec une grande minutie. On trouve aussi des tas de sculptures de hero de mangas et des batiments construits pratiquement en grandeur nature. Toutefois, apres la visite de ce site, je suis frigorifie et je me refugie dans un cafe, filliale d'un geant americain ou tout est a "five bucks", comprenne qui pourra ! Une fois rechauffe, je decide de refaire un tour au meme site, la nuit etant tombee, je peux profiter du jeu de lumieres. Il est ensuite temps de rentrer a Otaru.

 

Cette fois, je passe une journee tranquille a essayer de guerrir mon debut de rhume a grand renfort de the. J'affronte quand meme les elements en soiree pour profiter du festival des lumieres qui debute ce jour. Je ne m'attendais a voir autant de monde dans cette petite ville mais le spectacle en valait la peine. Pas de statues gigantesque mais une atmosphere feerique avec toutes ces lumieres. Je passe un moment a prendre des photos, me frottant les mains entre chaque cliches pour eviter les engelures.

 

J'espere que ces quelques jours de grand froid m'auront prepare a la suite du programme, a savoir, une randonnee en raquettes de deux jours avec nuit sous la tente...

 

sheep-in-snow

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 09:31

A kanazawa, je suis heberge par Kengo qui vient me chercher a la gare en new Bettle, pas mal pour un etudiant en medecine. Son appartement est egalement tres classe, parfaitement a son image d'ailleurs. Pour autant, Kengo est tres accueillant et on accroche tres vite. Incroyable mais vrai, il a deja sejourne a Toulouse, con ! Il n'en revient pas que je paie les courses en lui expliquant que c'est donnant-donnant, il m'heberge, donc c'est moi qui paye a manger. Et encore, il n'y a pas grand chose a manger dans ces courses, juste quelques amuse-gueules contre une bouteille de sake et quelques bieres car Kengo veut boire avec moi... Soit. On discute donc jusqu'a pas d'heure bien qu'il est cour le lendemain.

Le reveil est assez penible, je me retrouve dehors sous la pluie, sachant que la principale attraction de la ville sont ces jardins... Je me rabas vers un marche couvert et tue le temps entre cafe et internet avant de rejoindre Kengo une fois la journee finie. Cette fois, on sort, il veut absolument me presenter un de ces amis et on se donne rendez-vous dans un izakaya. L'endroit est tres populaire et tres agreable, comme toujours le service est exemplaire, je remercie chaleureusement la serveuse dont j'ai oublie le nom ce qui lui valu le surnom de Kawai-chan. Kengo m'explique le principe du nomihodai et du tabehodai, on paye un forfait qui donne droit a une consomation de boissons a volonte pour le premier et de nourriture pour le second. Heureusement, il doit assister a une operation le lendemain et ne veut pas trop en faire, on reste donc dans le "traditionnel" ce qui me va, le sake de la veille m'ayant rendu la journee un peu dure. L'ami de Kengo nous rejoint assez tard, il est tres drole et se tourne constamment vers Kengo pour lui demander de l'aide en anglais. J'en profite pour preciser que Kengo a un des meilleurs accents que j'ai pu entendre au Japon.

 

Je me dirige ensuite vers le Kansai et plus precisement Kyoto ou j'espere trouver de la neige pour profiter des temples que j'avais vu au printemps. La-bas, je suis heberge tout pres du Ginkakujin, le celebre pavillon d'argent, par Abdullah, un Russe de confession musulmane, marie a une Japonaise. C'est un sacre personnage ! Si je le trouve un peu effrayant avec ses theories religieuses le premier jour, tout se passe pour le mieux ensuite. J'ai droit a plusieurs sceances de films russes qu'il me traduit en simultane. La plupart sont vraiments obscure mais tres captivant en meme temps. J'apprends pas mal de chose sur l'ile de Sahalin d'ou il vient et qui fut, tour a tour russe puis japonaise, avant de revenir a la Russie apres le deuxieme guerre mondiale. On a beau etre sur la meme planete, on ne fait pas parti du meme monde. Quand Abdullah voyage, c'est a la dure, budget 100 dollar Us par mois, que du stop et on frappe chez les habitants pour l'hebergement, c'est comme ca qu'il a voyage en Ouzbekistan, Kazakhstan, Kirgiztan et Afghanistan. Il m'a aussi explique, mais j'ai oublie, comment faire un fusil, de l'explosif et des meta-amphetamines... Oui, je sais, ca parait fou et certains penseront qu'il est mythomane... Ou pas. Personnellement, je pense qu'il disait vrai notamment a cause des exemples donnes : "Tous les gamins se fabriquent des fusils, c'est rigolo quand on passe un mois dans la foret avec les chasseurs !" Un autre monde vous dis-je. C'etait aussi la premiere fois que je mangeais vegetarien pendant cinq jours. Apres le regime un peu alcolise de Kanazawa, ca ne pouvait pas faire de mal. Et, quoiqu'il en soit, lui et sa femme auront ete parmis les hotes les plus accueillants et j'ai vraiment passe un excellent moment a Kyoto a faire tout, sauf visiter des temples, a part le Ginkakuji qui etait a cent metres. La neige, helas, ne fut pas au rendez-vous et ma visite fut donc similaire a celle que j'avais faite lors de ma premiere venue au Japon. Une excursion dans les collinantes envorionnantes avec Abdullah fut plus riche en surprises. des le depart, un viel homme nous reproche de ne pas suivre le chemin principal, ce qui ne se fait pas car la montagne est un terrain prive. Et, oui, tout est possible au Japon, il y a des montagnes qui appartiennent a Toyota, c'est baleze... Une fois eloignes des sentiers trop battus, on peut tout de meme s'essayer a gravir une petite chute d'eau sans etre deranges puis lors du retour, on se risque a prendre des photos sur une voiture laissee a l'abandon et couverte de mousse. Cette fois, cela fait rire les passants, il y a de l'espoir.

 

Apres cette visite originale de Kyoto, je me dirige vers Kobe dans la prefecture de Hyogo. J'y passe quelques jours a visiter le port, les jardins, le quartier europeen et a flaner. On ne croirait pas que la ville a ete presque rasee par un tremblement de terre en 1995, seules quelques photos attestent de l'evenement. Cette fois, je reside en auberge de jeunesse et je suis decu. Il n'y a pas de cuisine, c'est cher et en plus il y a a nouveau un couvre-feu. Mieux vaut un petit hotel au Japon, croyez moi ! Heureusement, je fais la connaissance de deux Taiwanais sympathiques, frere et soeur, avec qui je peux discuter pour passer la soiree.

 

Me voici a present a Osaka, capitale de la prefecture du meme nom. Certains adorent ,d'autres pas et je tombe dans la deuxieme categorie. En ce qui concerne les grandes villes, je prefere Tokyo et Yokohama. La principale renommee de la ville est sa cuisine mais, essayant d'economiser et etant seul, je ne lui fais pas honneur. Tout de meme, il y a une chose que j'ai apprecie a Osaka, il s'agit se son principal defaut selon les Japonais. Les gens sont moins courtois ce qui se traduit, dans la rue, par le fait qu'ils n'attendent pas systematiquement que le bonhomme passe au vert pour traverser une rue. Personnellement, je vois ca comme un avantage !

Je dois aussi reconnaitre que le temps fut pluvieux et que j'ai par consequent passe beaucoup de temps dans des cafes. Loin de moi l'idee de vouloir faire de la pub, mais j'ai decouvert que chez Mr Donut, il suffit d'acheter un donut avec un cafe (immonde) pour pouvoir rester le temps qu'on veut au chaud tout en ayant le cafe (toujours immonde) a volonte. Cela me fait penser a une blague sur la restauration a volonte pas toujours tres bonne (la bouffe pas la blague hein !), je vous la livre : "It is not about all you can eat, it is all about you can stand." J'ai essaye de passer aussi peu de temps que possible a l'hotel car ma chambre etait encore plus petite que celle de l'Empereur a Takayama. Petite fantaisie de l'hotel, on ne pouvait se servir de la salle de bain que de 17h a 19h puis de minuit a 1h... Bizarre autant qu'etrange, j'ai eu beau m'interroger, je n'ai pas su trouver le debut d'une explication logique malgre l'aide d'un peu de sake.

 

Sur ce, j'ai quitte Osaka pour Maizuru, le port d'ou appareille le ferry a destination de Hokkaido. Prudent, j'avais prevu de passer une nuit sur place avant le jour du depart. Alors que des trombes d'eau s'abattent sur la ville et qu'enfin, je trouve un hotel ou me refugier, je me resouds, a payer un prix exorbitant pour une chambre. Je me rends ensuite a l'embarcadere pour reserver mon billet et la, surprise, j'apprends que le ferry part en fait le jour meme. Je maudis brievement l'employee de l'office du tourisme qui m'avait induit en erreur puis, trempe jusqu'a l'os, je retourne a ma chambre. Le depart ayant lieu tard dans la nuit, je tue le temps en prenant un bon bain chaud, en faisant secher mes affaires et en buvant une biere. Je suis un peu saoule par mes derniers jours sur Honshu, l'ile principale, heureusement, je mets les voiles.

 

Nous sommes bientot au mois de fevrier et demain, j'arriverai a Otaru. A moi, l'hiver de Hokkaido ! Pourvu que les Alpes aient ete un entrainement suffisant au grand froid...

 

 

  drunk sheep

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 08:41

Me voici a attendre Mitsu pres de la gare, il n'y a pas de neige ici, juste du froid. Il arrive sur son velo, les cheveux longs dans le vent et me salue en francais. En effet, il est patissier et a deja passe un moment en France. Sur la route vers sa maison, on s'arrete a la boulangerie ou il travaille, j'y recois pleins de petits pains, au levain, s'il vous plait. He, he, il est parfois avantageux d'etre francais, si, si, ca arrive. La maison de Mitsu est assez grande mais l'isolation ne vaut pas mieux que celle du temple de Takayama. Ainsi, malgre mon sac de couchage certifie -5, et un sac en soie, j'ai froid, etonnant non ?

 

Je decide de decouvrir un peu Ueda en me promenant. Rien de bien spectaculaire au programme, je me perds un peu dans la foret environnante et je visite le parc du chateau. Mais Ueda et proche de Nagano et me voici le lendemain en direction de cette ville. D'habitude, je peste contre les trains surchauffes mais comme mon reveil a ete glacial, au vrai sens du terme, stalagtite pendant du robinet et m'empechant de preparer le the, chasse d'eau gelee, etc... Je suis content d'avoir trop chaud.

Nagano, en plus d'avoir accueilli les jeux Olympique de 1998, recele un des temples les plus importants du Japon, le Zenko Ji. En fait, j'ai remarque que tous les temples du Japon sont plus importants les uns que les autres suivant la secte a laquelle ils appartiennent. Tout de meme, je dois reconnaitre que le site est vaste, en plus d'un imposant batiment central, il y a aussi une haute pagode, et plusieurs annexes. Le tout etant recouvert de neige, ca devient tres pitoresque. Une statue de Budha se voyant aspergee par une fontaine est recouverte de glace, c'est joli.

 

Un autre jour, je me rends au temple de Togakushi perche a flanc de montagne. L'acces aura ete plus difficile que prevu car la route qui y conduit depuis l'arret de bus est ensevelie sous plusieurs metres de neige. Je tente bien la traversee mais sans raquette je m'enfonce jusqu'aux cuisses, je fais donc demi-tour et choisi un autre chemin, plus long mais praticable. L'ascension jusqu'au temple est plus aisee meme si ca glisse un peu et que j'ai de la neige aux chevilles. Alors que je marque une halte pres d'un Torii, un portail, une arche en fait, en bois qui marque l'entree au sanctuaire, j'apercois un Japonais qui arrive tout de camouflage vetu, en raquette et avec deux appareils photos en bandouilliere, chaqu'un coutant plusieurs SMIC. Je ne peux resister a lui demander s'il prevois de passer la nuit au sommet avec ton son equipement... Et la, deception, il confesse qu'il "ne sait pas marcher" et veut juste aller au temple prendre quelques cliches en bon photographe du dimanche. J'avais oublie a quel point les Japonais se doivent d'etre sur-equipes des qu'on mentionne une petite difficulte. Dites leur que la vaisselle est tres sale et ils debarqueront avec des gants, des lunettes, un karsher et du destop, peut etre meme un laser qui sait ?

Remarquez que les Francais, avec leur fierte sont pas mal non plus... Je me sens oblige de lui prouver que tout son attirail ne sert a rien et je le distance tres vite, il arrivera un bon quart d'heure apres moi au temple. Mais la-haut, nouvelle surprise. Je croise un couple qui a carrement pris des skis !!! Je crois rever, est-ce qu'il faut un 4x4 pour ammener un gosse au bac a sable ? Enfin, ils sont gentils et on discute un peu. Il me faut ensuite me hater car je risque de rater le dernier bus. Malgre mes efforts, je comprends en jetant un oeil a ma montre que je n'ai aucune chance, je tente donc le tout pour le tout et je leve le pousse en esperant que quelqu'un veule bien s'arreter meme si ma premiere experience du stop au Japon avait ete un total fiasco. Mais cette fois, la chance me sourit. Deux vieilles dames qui m'avaient apercu au temple s'arretent et me deposent a l'arret de bus, juste une minute avant que celui-ci n'arrive !

 

Me voici de retour chez Mitsu avec l'envie de faire un gros repas, on cuisine donc ensemble puis il me montre sa serie du moment, "Keitai sousakan 7", les histoires d'un telephone portable detective (!) qui livre une guerre sans merci aux cyber-criminels, ta, ta, tan !

Le lendemain, je me lance dans l'ascension d'une petite montagne proche de Ueda, il faut que je m'entraine en prevision des randonnees a Hokkaido. Si la montee se fait sans encombre, la descente est plus hasardeuse avec la neige. Il m'arrive meme de ne pas avoir a lever les pieds et de me laisser glisser sur la pente, banzai !

 

Apres cinq jours, il temps de partir d'autant que Mitsu part passer le week-end a Tokyo. Tres gentillement, il me propose de rester pendant son absence mais il ne faut pas abuser et puis, une nouvele destination m'attend, Kanazawa dans la prefecture de Ishikawa. C'est ainsi que je quitte les Alpes japonaises, tres belles pour ce que j'en ai vu.

 

frozen sheep

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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 07:34

Je me rends a la gare de Shinjuku a Tokyo d'ou je prends un premier train en retard, fait incroyable dans ce pays. Afin d'economiser, je n'ai achete des billets valables que pour les trains locaux, il me faut donc changer trois fois de train avant d'atteindre Matsumoto. La ville est celebre pour son chateau, un des rares a ne pas etre une replique en beton. La visite est interessante mais ayant deja visite Himeji (a l'ouest de Kyoto) je trouve celui-ci trop petit quoique le musee vaille le deplacement.Plus tard, je pousse la porte d'un restaurant dont le serveur semble un peu panique a la vue d'un gaijin (terme un peu pejoratif utiliser au lie de gaikokujin, l'etranger). Mais tout se passe pour le mieux lorsque je lui commande des basashis et de l'atsukan en japonais. Le basashi est une specialite des Alpes centrales, il s'agit de cheval cru, l'atsukan, c'est le sake chaud. Tout cela detent donc le dit serveur qui me fait gouter un autre sake du coin et me tape la causette. Alors que je demande l'addition, il va jusqu'a m'offrir de jolis dessins du restaurant, quelle bonne soiree !

 

Le bus qui me conduit vers Takayama traverse des paysages spectaculaires, avantageusement soulignes par la neige. J'en profite pour feliciter le conducteur d'avoir depose tous les passager sains et saufs a destination, vu la route, c'est une belle performance ! Je trouve une chambre dans un temple-inn, un temple qui fait aussi office d'auberge de jeunesse. Il parait que la piece ou je me trouve a ete construite specialement lors du passage de l'Empereur... Il doit etre bien gros l'Empereur parce-qu'il y a juste la place pour derouler mon futon au sol. Petite annecdote, ma chambre fait un angle du temple, j'ai donc deux "murs" (cloisons de papier de riz et de bois) qui donnent directement sur l'exterieur couvert d'une epaisse couche de neige. Passe encore, mais alors que j'essaye de fermer de maniere hermetique un petit panneau coulissant, celui-ci tombe dans un recoin de mur. Il me faudra une bonne demie-heure pour parvenir a le recuperer a l'aide de mes batons de marche, en me contorsionnant au travers de l'ouverture qui laisse a peine passer mes epaules. Bien sur, le probleme ne vient pas de mes epaules trop larges, non, c'est ce ridicule interstice qui est trop etroit.

 

Heureusement, il y a d'autres activites a Takayama que la peche au panneau de bois. Je passe donc quelques jours a explorer le vieux quartier de la ville ainsi que les temples alentours qui lui valent le surnom de "petite Kyoto", sous la neige, c'est charmant. Ca m'a aussi permis de faire des progres en patinage car la route recouverte de gel est devenue une veritable patinoire, un autochtone pourra temoigner, j'ai reussi une double vrille digne d'un Candeloro, bien que je n'ai pas la nuque longue et qu'en ce qui me concerne, j'ai termine ma figure le coeur battant a tout rompre et le visage blanc.

J'ai aussi pu visiter un village traditionnel, reconstitue en sauvant des maisons de la region. La ville vaut bien sa reputation, le cachet est indeniable.

 

Je n'oublie pas non plus mon passage a un restaurant de yakitori (brochettes de poulet) ou j'ai passe la soiree a discuter avec deux freres tres sympathiques qui m'ont genereusement offert a manger et a boire. Je me rappellerai longtemps des mimiques de celui qui ne parlait pas anglais et qui mimait les choses exactement comme on peut le voir dans les mangas ou les animes. Comme quoi, tout cela n'est pas que fiction. Cette agreable soiree aura aussi eu pour effet de me faire rentrer au temple apres le couvre-feu (22h30 !), heureusement que le moine etait magnianime.

Au rayon cuisine, j'ai fait honneur a la reputee viande de boeuf locale, hidaniku, qui d'apres les locaux est encore meilleure que le boeuf de Kobe. Quand on sait que ces boeufs sont laves a la biere... Ca laisse reveur ! Est-ce un moyen de justifier le prix ?

Autre surprise, le port de la mini-jupe continue meme sous la neige, elles sont rechauffees les Japonaises !

 

J'ai egalement eu l'occasion de faire connaissance avec une famille de Kiwis que j'ai laisse gagner aux cartes dans ma grande bonte, a moins que je n'ai mal compte le nombre de cartes jouees, passons. Ceci me valu en compensation une invitation a venir en Nouvelle Zelande. Je les ai prevenus... Quand on m'invite je viens, attention, c'est tout a fait serieux ! Certains ont ete surpris, meme six ans apres l'invitation, petit clin d'oeil a des amis autrichiens.

 

Mon exploration du "haut pays", le takaguni, continue en direction de Ueda ou m'attend ma premiere experience de couch-surfing japonaise.

 

sheep ice skating

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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 13:23

Je rejoins Masa comme prévu et apres un trajet en train, nous montons dans un bus qui nous conduit a sa ville natale Awa Shirahama dans la préfecture de Chiba, a deux heures de Tokyo. Il m'accueille dans la maison qu'il vient de se faire construire dans cette petite ville. Je vais y rester une semaine le temps de profiter de quelques balades dans les environs, de déguster les légumes de son potager et de découvrir son ancienne maison familiale. J'y fais la connaissance d'une partie de sa famille venue célébrer le nouvel an. Ce sera l'occasion d'un copieux repas ou on prepare des sushis et ou on m'abreuve de bière. Les Japonais ont la réputation d'être un peu froids mais je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Dites leur quelques mots dans leur langue, faite leur une petite démonstration de vos capacités a faire des nigiri-sushis et il n'y aura pas de problème. On vous gratifiera meme de "hooo et de 'heeee" coupes de "jouzu" (tu es doue).

Pouvoir ainsi decouvrir le veritable visage de Japonais, le honne ou "vrai sentiment", est un privilege, beaucoup de gens doivent se contenter du tatemae, le visage public, le masque que portent les Japonais la plupart du temps et derriere lequel il cache leurs emotions usant de courbettes et de sourires.

 

Je ponctue mon séjour a Awa Shirahama par quelques passages a Tokyo. Je me rends dans le vieux quartier de Asakusa ou la foule se bouscule au Senso Ji, un des plus importants temple de la ville. En me promenant dans les rues, je croise des jinrikisha, les pousse-pousses japonais qui font le bonheur des touristes puis je me balade un peu dans le parc de Ueno, le quartier voisin.
Un autre jour, je fais un passage a Meiji Jingu, l'autre temple très prise lors de la nouvelle année. Cette fois, la cohue est telle que des policiers régulent le trafic des piétons comme ils le ferraient pour des voitures. Ma patience a des limites aussi, je m'éclipse rapidement pour aller me promener dans le quartier de Omote Sando ou se trouvent toutes les boutiques de mode, grandes marques ou petites enseignes underground.
Cette première semaine s'écoule vite, il est deja temps de dire au revoir a Masa.

Je passe quelques jours a Tokyo ou je prends une chambre dans un petit hôtel du quartier de Ueno. Je prepare un peu mon voyage a venir et sert de guide a deux Sud Africains qui voulaient voir l'entrainement des suros. Il n'est pas simple de trouver les écoles qui ne sont indiquées nulle part, il faut demander aux locaux qui ont parfois tendance a se contredire mais apres quelques détours, on arrive tout de meme a profiter du spectacle des sumotoris, toujours aussi impressionnant.


J'ai aussi l'occasion de revoir la famille Suzuki qui m'avait heberge longuement lors de mon premier séjour au pays du soleil levant. Ils m'invitent a joindre leur equipe de foot pour faire quelques matchs durant le week-end… Je suis toujours aussi nul mais je fais de mon mieux. Il faut noter que les Japonais ne sont pas très "physiques" et tombent facilement quand j'essaie de leur chiper la balle. Je propose de faire la revanche au rugby mais cela n'a pas l'air d'emballer grand monde. Entre deux parties, j'en profite pour aller jouer avec les filles de Tomoe et Kyosuke, Ko-chan et Uta-chan qui ont sacrement grandis en trois ans. Pour se remettre de nos émotions, on va dans un restaurant se remplir la panse, il fallait bien ça.


Quelques jours apres, je retrouve Satoko, une Japonaise qui était venue étudier l'orgue au conservatoire de Toulouse. On passe l'apres-midi ensemble en compagnie d'une de ses amies a fouiller des magasins remplis de "japoniaiseries", gadgets en tout genre, en général totalement inutiles mais plutôt drôles si on a de l'argent a jeter par les fenetres. On passe la soirée dans un izakaya, un restaurant-bar ou les clients sont généralement servis dans leur pièce privative. J'avais oublie les joies du services a la japonaise, rapide, efficace et on ne peut plus poli, les brasseries parisiennes pourraient prendre exemple…

 

A noter egalement, un petit passage au magasin Sony ou on peut essayer les dernieres nouveautes de la marque.
Apres quelques jours a Tokyo, je retrouve mes marques facilement, les noms de stations de métro me reviennent, je reprends l'accent japonais pour me faire comprendre lorsqu'il faut employer des mots anglais, tout va bien, mais, j'ai envie de découvrir de nouvelles choses. Je ne m'etonne plus des regards fixe sur les ecrans des keitai, les telphonesportables ou des troupeaux d'hommes d'affaires entasses dans les rames de metro qui sont tout a la fois impecables le matin et titubants lorsqu'ils tentent de rentrer chez eux apres avoir du vider des verres en compagnies de leur chef apres le travail. Les cohortes d'ecoliers, pantalons sous les fesses pour les garcons et jupes "au-dessus" des fesses pour les filles sont toujours au rendez-vous. Tokyo n'a semble-t-il pas trop changee depuis mon dernier passage quoique... La Toukyou Sukai Tsuri, prononcez Tokyo Sky Tree, est en construction et en passe de devenir la plus haute tour de la ville devant la Tokyo Tower, copie orange et blanche de notre vieille Dame de fer nationale.

Enfin, je ne vais pas attendre 2011 que la construction soit achevee...

L'heure est venue de mettre les voiles vers le Takaguni (le "Haut pays"), les Alpes japonaises.

 

  sheep-wii-nintendo

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