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  • : Ou comment un projet d'effectuer la Route de la Soie s'est mêlé à un trek au Népal... Une chose est sûre, l'Orient nous appelle alors que l'envie d'aventures nous pousse sur la route. Nous rêvons de marche, de rencontres, de grands espaces, de nouvelles saveurs. Un bon voyage se fait les poches percées, sur du vent et de la trompette ! Tant de choses à voir et de personnes à rencontrer, comment voulez-vous rester le cul sur une chaise ! Ben, Flo et Garuche

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Vendredi 20 novembre 2009
On avale nos petits-dejeuner, on laisse nos gros sacs au lodge et on ne prend avec nous que le minimum, indispensable a 3 jours de marche dans la jungle. Deux guides nous accompagnent comme l'exige le reglement du parc. Il est indispensable que quelqu'un surveille les arrieres du groupe notamment des tigres. Le guide officiel est Kryshna qui a environs 50 ans et une tres grande experience au Chitwan. Il a une tete ronde toujours souriante, une paire de lunettes et une casquette.Son assistan Jity a notre age ou un peu moins, lui aussi a l'air tres sympathique mais plus discret. Il a un baton qui ne semble pas vraiment destine a la marche, trop lourd et dur, il faut bien se proteger des animaux.

Toute l'equipe embarque dans une pirogue creusee dans un tronc que le batelier meut a l'aide d'une perche. L'israelien rencontre la veille et ses guides sont egalement a bord mais eux ne feront qu'une marche d'une journee. Durant une heure, on suit le cour du Rapti qui marque la frontiere du Chitwan National Park. On peut apercevoir de nombreux oiseaux dont des aigrettes et des kingfishers. On croise egalement quelques crocodiles des marais. On savoure le paysage qui defile lentement sous nos yeux en essayant d'oublier, pour ma part, le mal aux genoux. et de pas laisser trainer nos mains dans l'eau.

On accoste et alors que l'Israelien et ses guides s'eloignent, Krys nous fait un expose sur les risques de la randonnee, un peu comme les consignes de securite a bord des avions mais avec plus d'humour. On aprend ainsi qu'un rhinoceros est du genre territorial, tendance extremiste. Il ne voit pas bien a plus de 20m mais s'il vous sent ou vous entend, il charge. Un rhino, l'air de rien, c'est tout de meme entre 2 et 3 tonnes de viande capablent de courir a 40km/h. Pour lui echapper, le mieux est de grimper a un arbre ou de se cacher derriere, il faut courir en zig-zag et, eventuellement, abandonner un vetement pour que l'animal se defoule dessus. On apprend egalement la presence d'ours lippo, tout aussi dangereux que les tigres si leurs petits sont dans les parages. Il ne nous promet que d'essayer de nous faire apercevoir ces animaux et j'apprecie sa franchise. Apres l'ecoute de ces histoires, nous voila projeter de pleins pieds dans les bottes de Mike Horn et de Crocodile Dundee. L'instinct du chasseur se reveille et, en tout cas, essaye de prendre le pas sur celui de la proie !

Bien vite, on croise des signes de la vie de la jungle, des bouses de rhino pleines d'herbes, des empreintes de daims ou meme des traces de griffes sur un arbre. Mais cette zone est tres visitee et on ne s'attarde pas. Alors qu'on suit un sentier qui fend une masse d'herbes hautes et de roseaux, on decouvre des excrements de tigre puis, plus loin, une zone au milieu des herbes ou s'est repose le felin. On est confiant en notre guide et en la chance. Un quart d'heure apres, Krys s'arrete, on entend un sourd grognement puis un bruit dans les feuillages. Il s'agit d'un tigre mais l'animal est timide et intelligent, il ne se laisse pas voir si facilement. Il nous faut ensuite stopper a un checkpoint tenu par l'armee et les rangers afin de prendre notre permis a renouveler tous les jours puis on pousuit la marche.

Les feuilles couchees au sol cachent le relief et rendent le chemin assez "casse-gueule". Le feuillage dans le haut des arbres bouge, une colonie de singes nous a remarque. On les observe de loin et je m'echine en vain a prendre une photo. J'ai encore l'appareil a lamain et le nez en l'air alors qu'on reprend la marche. Fatalement, je ne vois pas le trou dans lequel je pose le pied gauche (ca porte bonheur !) et je m'ecroule. Heureusement, en me tournant sur le cote, je sauve l'appareil et comme je n'ai rien je m'en sors a bon compte en prenant note de l'avertissement. Garuche me tend la main pour me relever. Alors qu'on rentre dans un bois en bordure du rapti, Jity grimpe a un arbre et decouvre a une centaine de metres un rhinoceros se baignant tranquillement. Meme avec la distance, il parait enorme. Entre la riviere et les herbes hautes, il est impossible de s'en approcher.

On se remet en mouvement et alors qu'on entre dans une zone un peu boueuse, je suis surpris par la taille des sangsues. S'il y a toujours de petits modeles, il y a desormais la version "king size" longue comme l'index pour deux a trois milimetres de diametre. Je prends une photo alors que le guide nous dit de ne pas nous attarder ici et, une fois sorti de la zone, je remarque une sangsue remontant le pantalon de Flo qui me precede. J'en trouve egalement une sur mon pantalon, Flo s'est deja fait prelever un peu desang mais retire le parasite a temps. On passe un pont en bois quelque peu delabre avant de grimper dans une tour d'observation pour le dejeuner. Alors que Garuche enleve ses chaussures, il decouvre qu'il a ete lui aussi victime du ver vampire, heureusment, ca n'a pas pris trop d'ampleur.

Alors qu'on termine notre riz, on apercoit un autre groupe traverser sans trop d'assurance le pont puis nous rejoindre sur la plateforme. On les salue avant de repartir. Souvent sur le sentier, Krys nous explique les traces des animaux, le chemin qu'ils ont pris,etc... Alors qu'on doit franchir un fosse plein de boue, mon saut est un peu court et je repose le pied dans la boue en manquant de monter, deuxieme avertissement... Decidement aujourd'hui. c'est mon jour ! On apercoit peu apres des daims. Encore une fois, ce n'est que de loin et au travers des arbres. Meme si ce ne sont pas les animaux les plus impressionnant, j'aimerais m'en approcher pour les observer de plus pres.

Krys a trouve des traces d'ours, dans un silence total, on avance en file indienne, arc-boutes pour se faufiler sous les branchages. Krys apercoit deux ours dans une zone de hautes herbes qu'on contourne rapidement par la droite. Tout le monde est au agues. Une fois de l'autre cote, Jity et Krys ouvrent la voie avec leurs batons comme on ne voit pas a plus d'un metre. Soudain, Krys nous fait rebrousser chemin hativement craignant qu'on se fasse attaquer. On revient donc sur nos pas. On est un peu decu mais quelles sensations ! Les heures passent et nous cheminons a present vers un point de passage du Rapti. En effet, il est interdit de passer la nuit dans l'enceinte du parc. Alors qu'on suit un sentier assez degage, Krys nous fait stopper soudainement, tout est soudain dans cet univers, a notre gauche, on peut voir un ours et ses deux petits a une cinquantaine de metres. On contemple les animaux, emerveilles, en tachant d'etre le plus discret possible. Les ours s'eloignent mais on reste encore en place. Quelques minutes plustard, les trois ours traversent la piste a une bonne vingtaine de metres devant nous et, meme s'ils ne trainent pas, on peut profiter d'un sacre spectacle, c'est tres rare de pouvoir croiser un ours. Peu apres, on entend du bruit provenant des buisssons, c'est un sanglier qui fouille le sol en bordure de sentier. La bete a vite fait de detaler.

On atteint la riviere alors que le soleil est sur le point de disparaitre, il tombe tres vite dans cette region. Une pirogue se dirige vers nous. Elle fait la navette entre les deux rives. Nous voici enfin au lodge apres une premiere journee riche en emotions. On fait connaissance avec Nicole, une Suisse et Lyo, une Israellienne, c'est elles que nous avions croisees a la plateforme. On discute avec des locaux et d'autres guides. Nous sommes le seul groupe a avoir apercu des ours et aussi un des rares a passer plus d'un jour dans la jungle. On est impatient d'arpenter a nouveaux les meandres du parc.

On retrouve Nicole et Lyo pour le repas, un jeune guide assez emeche, des suites du festival qui bat son plein, fait la cour a Nicole ce qui devient rapidement assez drole. Apres le repas, des enfants commencent a chanter et a danser accompagnes par quelques adultes. On assiste au spectacle. Deux Tcheques les rejoignent dans la danse et, sous l'insistance des enfants, Garuche entre a son tour dans la danse. Je vais lui tenir compagnie alors que Flo termine de prendre des photos et vienne a son tour enflammer la piste de danse. Les gamins sont aux anges qu'on danse ainsi avec eux et affichent de grands sourires. Garuche papaute ensuite avec Krys alors que Flo montre des photos aux gamins ebahis et que je discute avec Lyo. Peu a peu, la fete se termine et chaqu'un part au lit. Il n'y a pas de moustiquaire, on s'enduit donc de repulsif et on met le ventilateur, tant pis pour le rhume a venir !

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Vendredi 20 novembre 2009
L'heure du depart vers le Terai est venue. Bahlam nous attend avec un taxi, il s'agit toujours du meme modele de voiture microscopique. On place donc les bagages sur le toit avant de s'entasser a l'arriere. Le moment des adieux est arrive, Bahlam nous remet a chacun un morceau d'etoffe qu'il nous passe autour du cou. Le bus part etonnament presque a l'heure. Heureusement, aucun passager n'est malade et le bus ne marque que quelques arrets. Toutefois, apres environs cinq heures de trajet, mon seant est satisfait de pouvoir enfin quitter l'inconfortable siege du bus.
Une nuee de chauffeurs de taxi s'abat sur nous, de toutes les directions fusent des propositions pour l'hotel machin ou bidule. Pres a s'enerver, on choisit finalement le chauffeur qui a su rester le plus discret. Celui-ci tente tout de meme de nous deposer a un autre hotel que celui qu'on lui a indique mais tout rentre dans l'ordre, il faut simplement faire preuve d'un peu de fermete. On s'installe donc au Tiger Camp qui jouxte une riviere. On projete un trek dans la jungle et on commence immediatement a rassembler des informations sur les differentes excursions possibles. Bientot, le soleil se couche sur la riviere ou emmerge discretement un crocodile.
Un guide d'etat nous detaille un trek de quatres jours mais le prix est trop eleve et helas, notre argent ira aux requins qui qui parviennent a offrir desservices a faible cout en les groupant sous forme de "package". J'adoooore les packages ! Je m'etais pourtant promis de ne plus en prendre mais ainsi va la vie. Malgre moi, je rentre dans le troupeau. Au moins, on a negocie de pouvoir choisir notre nourriture a la carte... On met donc les petits plats dans les grands avant de regagner nos penates.

Apres un continental breakfast, on se rend en jeep au point de depart des promenades a dos d'elephants. Les pachydermes ne tardent pas a arriver et deposent leurs passagers sur des plateformes dans un habile creneau. Les betes obeissent au doigt et a l'oeil a leur maitre. C'est notre tour d'embarquer, nous voici partis pour une ballade d'une heure au pas lents de l'elephant. Cela donne un tout autre apercu de la foret les arbres etant rammenes a l'echelle de buissons. Il faut preter attention aux branches qui peuvent vous foutter le visage. On ne tarde pas a voir un bebe rhinoceros blanc ainsi que des daims qui croisent notre route. Un petit crocodile est visible au bord d'un etang. Alors qu'on s'enfonce plus profondement dans laforet, nous retombons sur des rhinoceros, un petit et sa mere, nullement effraye par le pachyderme et sans aucun doute habitue au flot des touristes. Il est tempsde remttre le cap vers le centre mais a notre surprise, l'elephant ne s'y arrete pas et nous sommes conduit directement en ville. L'intelligente bete ne bronche pas malgre les klaxons des vehicules et les petards des enfants.
De retour a l'hotel, on prend le repas de midi puis on feignante jusqu'en milieu d'apres midi ou on est conduit en jeep jusqu'au centre d'elevage des elephants. On marque une halte a un soit disant village typique qui , helas, a comme une savur de decor de cinema. Apres une demie-heure, on repart pour stopper en bordure de riviere qu'on traverse en pirogue pour atteindre le centre d'elevage. Il y a la uniquement des meres et leurs petits dont 2 jumeaux. Les elephanteaux sont tres curieux et pas le moins effrayes par la presence des touristes. Ils se faufilent au mileux des groupes, serant la trompe a l'occasion. Les meres sont attachees a des chaines. Elles restent impassibles se contentant d'incurgiter des quantites d'herbes. Alors que le soleil commence a se coucher, on traverse a nouvau la riviere pour rentrer au lodge. On profite sans scrupule de la carte des plats avant d'assister a un spectacle de danse joue par une troupe locale. Ils dansent tout en faisant s'entrechoquer des batons qu'ils font tournoyer autour d'eux.

On se leve aujourd'hui, le 19 octobre, pour assister au bain des elephants dans la riviere toute proche. Six pachydermes et leurs cornacs insitent les touristes a se baigner avec eux. Le but du jeu est en fait de parvenir a rester sur la bete pendant qu'elle vous douche avec sa trompe. On profite du spectacle pendant un long moment. Les cornacs font s'immerger les elephants qui obeissent docilement. Regarder ces animaux est tres agreable, ils ont toujours un sourire fixe a la gueule.
On retourne au lodge dans l'attente d'une excursion en jeep dans l'apres-midi. Un israelien d'une cinquantaine d'annees nous accompagne et il ne se passe pas un instant sans qu'il ne fasse de remarques loufoques... Ca nous fait sourire. On suit une piste au milieu de la jungle. Un premier arret nous permet d'observer des singes qui s'agitent dans les arbres, ils se laissent parfois tomber de tres haut s'aggripant au dernier moment a une liane. Les daims sont aussi au rendez-vous mais moins curieux que les singes. Ils detallent a la premiere occasion, on ne peut donc les observer que d'assez loin. Il y a aussi quelques oiseaux. On marque une halte pres d'un lac suppose en abriter beaucoup mais visiblement, ceux-ci ont d'autres chats a fouetter, un comble pour des oiseaux me direz-vous. Le lac ressemble d'avantage a un marais mais l'endroit est tres joli si on fait exception des dechets present sur les berges. De retour au lodge, on se prepare pour notre tres attendue excursion dans la jungle qui aura lieu demain. Esperons que nous autres, pauvres mountons, ne seront la proie des tigres...


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Mardi 17 novembre 2009
Ce 15 octobre, vers 6h30, j'entends Garuche murmurer a la porte que le ciel est degage. Je prends mon appareil est monte sur le toit de l'hotel pour contempler les montagnes. Quelques nuages bloquent la vue sur le Macchapuchre. Je retourne au lit sans pouvoir me rendormir et me plonge dans mon journal.
La journee debute reellement a 10h. On se rend d'abord au cybercafe puis on prend le repas de midi. On s'arrete brievement a la boutique de la femme de Bahlam. Ce dernier veut nous conduire dans l'apres-midi a un temple situe sur une ile du lac Pewa. Fatigues, on decide d'aller se faire masser et on annule l'excursion. Helas, il s'avere qu'il faut prendre rendez-vous... On aurait mieux fait de ne pas annuler.
De retour a l'auberge, on glandouille jusqu'en debut de soiree ou on se met en quete d'une boutique ou tirer une photo de Bahlam qui nous a invite a manger chez lui ce soir. Le tirage ne pourra etre pret que demain. On retourne donc les mains vides ou presque, puisqu'on a pris quelques bieres, a la boutique de Bahlam ou Flo fait quelques achats avant qu'on se dirige vers l'appartement.
Il s'agit d'une piece unique perchee a l'etage d'une exigue cour d'immeuble. Il y a deux lits dans un coin de la piece que nous utilisons comme canapes, une commode contre un mur et une petite table qui lui fait face. Enfin, un evier est fixe a un mur ce qui finit de remplir les 10m carres ou vivent le couple et leurs enfants. une fillede 16 ans et un garcon de 14 ans. Apparemment, l'un d'eux est toujours present a la boutique. Lorsque lasaison de trek se termine, Bahlam quitte Pokhara pour un petit village ou il a un lopin de terre.Il nous a annonce avoir un revenu d'environs 6000 roupies par mois (presque 630 euros), ce n'est pas simple de boucler le budget familial. Si l'ecole publique dispense environ 4 heures de cours journaliers, une heure de cour prive coute 1000rps. Un sacre investissement d'autant que le reve de Bahlam est que ses enfants puissent lire et ecrire. On pense qu'ils sont sur la bonne voie d'autant qu'ils paraissent intelligents et vifs d'esprits. Le fils ressemble beaucoup a son pere par sa droiture, sa politesse et son apparent soucis des autres. Lafille est la pour aider son pere a a nous ecrire son adresse, elle parle bien anglais et c'est elle qui a prepare le poulet pour le Dal-bhat. Je suis convaincu qu'ils n'en mange pas tous les jours et qu'ils ont mis les petits plats dans les grands. On ouvre une biere Everest, celle que prefere Bahlam et, sagement, comme a son habitude, il ne boit que deux petits verres apres qu'on ait insiste pour le resservir. La biere est la seule petite folie qu'il s'accorde nous explique-t-il. Il ne joue pas au des et ne fume pas pour ne pas trop depenser. On lui remet un peu d'argent puis on fait nos adieux a la famille mais pas a Bahlam qui nous guidera demain dans les alentours. On rentre au lodge, il est temps de se mettre au lit.

Une fois leves, on retrouve Bahlam comme prevu. Il a reserve un taxi pour la demie-journee. Notre premiere destination est la colline de Sarankhot qui domine la ville et le lac Pewa. Depuis le sommet, on appercoit a l'Ouest le Dhaulagiri, puis toute la chaine des Annapurnas, le Macchaouchre et meme a l'Est, le Manaslu. Lorsqu'on ouvre sa fentre le matin dans les environs, on peut admirer 3 sommets de plus de 8000m, excusez du peu ! La vue ce matin est grandiose mais comme le soleil est deja haut, le paysage est legerement voile... et nous en nage a cause de la chaleur.
La prochaine etape est un des plus vieux temples du Nepal m'assure un autochtone. Pourtant, celui-ci manque un peu de charme a mon gout. En route vers des grottes, on stoppe pour un petit dejeuner de samousas et de boulettes de legumes et d'oeufs fries. La visites de ces grottes ayant servi il y a longtemps a abriter la population locale n'a rien de bien original.
On poursuit donc vers des chutes d'eau, les Davies Fall, du nom d'une Suisse emportee en ce lieu par la cascade eb cruequ se deverse dans un gouffre. Vue d'en haut, la cascade n'est pas bien impressionnante mais, lorsqu'on l'observe depuis la grotte, l'effet est nettement plus saisissant. On retourne au lodge en s'arretant pour recuperer la photo commandee la veille. Elle est prete et bien encadree. On l'offre a Bahlam en descendant du taxi.
Demain, nous partons pour Sauhara dans le Terai qui est la porte d'entree vers le parc du Chitwan avec le bus de 7h et Bahlam viendra nous accompagner. On part ensuite manger apres recupere notre lessive. Flo est Garuche se reposent avant d'aller au centre de massage desaveugles ou ils ont rendez-vous a 16h. Le mien est a 17h et en attendant, je vais au cybercafe essayer de trier un peu mes photos. Je croise Flo et Garuche a leur sortie, ils ont l'air entier, je pars donc confiant. Le masseur s'occupe, je pense, bien des muscles meme si l'experience est parfois douloureuse. On part ensuite manger, continuellement affames que nous sommes apres le trek et nous faisons honneur a la nourriture qu'on nous presente. Apres avoir fait nos sacs, on se met au lit en perspective d'un leve matinal.
Adieux les Annapurnas, non, au revoir !


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Dimanche 8 novembre 2009

Il est 6 heures moins dix, c'est parti. On se couvre chaudement et on prend les appareils photos. Je suis le premier dehors, impatient d'assister au spectacle. Le temps est clair, le soleil n'a pas encore deborde par-dessus les cimes mais les sommets enneiges refletent deja les premices de sa lumiere. On se dirige vers l'emplacement du cairn, doucement en marquant des arrets regulierement. Le spectacle est saisissant. Les montagnes ont reveteu leurs plus beaux atouts. Peu a peu, les sommets se mettent a flamboyer d'un jaune vif. Tour a tour, le Tare Kang, le Singu Chuli et le Tharpu Chuli s'illuminent a l'Est puis le Khangsar Kang, l'Annapurna I et Sud, le Barha Chuli et le Hiun Chuli s'embrasent egalement. La foule des trekkeurs a le nez en l'air (c'est le moment de leur faire les poches !), sur presque 360 degres se deroule un spectacle magique. Tres vite, le soleil finit par sortir completement de sa cachette et innonde la vallee de lumiere. On rentre prendre le petit-dejeuner au refuge. Avant de quitter les lieux, je pars en vadrouille faire quelques cliches supplementaires. On se met en route alors que les premiers nuages apparaissent. On se dirige vers Jinhu a une allure soutenue, parfois on jete un regard vers le massif de l'Annapurna ou le Macchapuchre. Ce n'est pas si simple de dire au revoir a ces montagnes. La vallee qui a l'aller etait noyee dans la brume se devoile aujourd'hui mais je reste peu sensible a ses charmes apres l'apotheose du matin. Garuche a une sorte de crampe dans le flanc gauche et on decide d'avance la pause repas. Pendant ce temps, on convient egalement d'ecourter l'etape, on passera donc la nuit a Bamboo une fois de plus. L'apres-midi de marche est donc bref et on profite du temps a notre disposition en prenant une douche et en faisant un peu de lessive. C'est qu'entre l'humidite et les intemperies, notre linge n'est pas des plus presentables et puis, malgre notre entrainement, on continue encore de transpirer... A table, on discute un peu avec Bahlam, il est content d'avoir quitte la haute altitude d'autant que maintenant, on fera la majorite de la marche en descente.

En ce 13 octobre, on serend a Jinhu dans le but avoue de profiter des saurces d'eau chaude a proximite. Cela ne devrait pas prendre trop longtemps, on prevoit donc de ne pas presser le pas. A nouveau, les champs en terrasses font leur apparition. La premiere partie est une rude descente avec beaucoup de marches, principalement dans la foret jusqu'a ce que la montee vers Chomrung se decouvre.
Il fait tres chaud et il me tarde d'arriver car mes genoux commencent a se faire sentir. Je choisi donc une musique plus propice a une marche rapide et je distance rapidement les autres. Bahlam nous avait annonce que nous etions a 3/4 heures de l'arrivee, l'effort ne devrait pas etre trop long. A la sortie du village, je poursuis ma route vers la droite en longeant la vallee, je passe quelques groupes et traverse quelques habitations. Je marque un bref stop, je ne parviens pas a apercevoir les autres derriere moi mais je ne m'en inquiete pas et continue d'un pas soutenu. Peu de temps apres, ma musique s'arrete et je suis surpris de ne pas encore avoir atteint Jinhu. J'interroge des autochtones a ce sujet et je decouvre que j'ai fait fausse route... Il va me falloir une bonne heure au meme rythme pour atteindre Jinhu. Heureusement, on m'indique un raccourci, je passe ainsi au milieu des champs de millet, loin du chemin principal. A la sortie de Chomrung, il fallait prend a gauche  ou debute un tres long "escalier". Je le devalle en trombe pendant un bon quart d'heure avant de trouver a l'instint le lodge et meme la chambre ou se sont installes Garuche et Flo. Le pauvre Bahlam etait apparemment tres inquiet...
Apres le repas, on se dirige en contre-bas, juste en bordure de riviere. Le bain est moins chaud qu'a Tatopani mais on ne boude pas notre plaisir d'autant que le cadre lui, est plus agreable. Je finis par taper la causette avec un Japonais, ca me permet de reviser car mes cours de japonais sont un peu loins. Avant de partir, Flo et moi essayons un second bain plus froid ou certains porteurs font leur lessive... on y reste pas tres longtemps. De retour au lodge, on siropte une biere en terrasse en attendant le diner. On peut encore apercevoir l'Annapurna sud au loin... Pourtant, c'est notre derniere nuit en montagne, 23 jours se sont deja ecoules, trop vite.

Je me reveille avec peu de motivation ce 14 ocotobre... Le dernier jour de trek est arrive avec le soleil.
Bien vite, on perd les hauts sommets de vu, les villages se succedent et peu a peu, on se rapproche de la limite du parc. Il y a d'avantage d'activite, les chemins deviennent plus larges, on y croise a present des vehicules. On entend de la musique, deux femmes dansent afin de recolter un peu d'argent. Et on s'arrete le temps de profiter un peu du spectacle. On passe ensuite un premier checkpoint puis, un second qui marque notre officielle et definitive sortie du parc.
Bahlam avait reserve pour nous un taxi. En silence, on se sert a l'arriere de la petite Maruti. c'est la premiere fois depuis 24 jours que le paysage defile sans que nous ayons a agiter nos jambes. On serpente le long des montagne avant de gagner la valle de Pokhara et le lac qui la borde, le Pewa Tal.
On retourne a l'auberge ou nous avions reside et ou nous attendent nos bagages. On fait connaissance avec des Quebequois revenant d'Inde puis, on se dirige vers le tres attendu restaurant servant "the best momo in town". On commande une assiette de chaque type qui seront toutes devorees avidement. Enfin, on terminera la soiree a la terrasse de notre lodge en regardant les photos du trek... Nostalgie quand tu nous tiens.

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Vendredi 6 novembre 2009
Vers 3h30 du matin, la chambre d'a cote se reveille et, ne prenant aucune precaution, nous reveille egalement. Dans un etat second, je gromelle un "Chhtt" a la fois excede et malgre moi peu audible. A 5h30, c'est a present ma montre qui retentit. On se met en mouvement rapidement vers Poon Hill s'en meme prendre de petit dejeuner mais en laisant nos affaire au refuge auquel on repassera. Le temps est clair, pas un nuage. Le soleil est deja leve et on se hate de grimper au sommet pour profiter de la lumiere matinale. La montee est donnee pour une heure, il nous faudra seulement 30 minutes, Garuche et moi ouvrons la marche a tour de role et au pas de course.On atteint le point de vu en nage, haletant car la "colline" culmine tout de meme a 3200m. je suis surpris du nombre de groupes de touristes presents. Un trek de quelques jours y conduit depuis pokhara ce qui en fit une alternative aisee aux plus longs treks.
Quoiqu'il en soit, le panorama est exceptionnel. Il n'y a pas grand chose a dire, on contemple. Au Nord-Ouest s'etend le massif du Dhaulagiri, immense cone qui culmine a 8167m, plus haut que l'Annapurna I. A l'Est, on apercoit un des sommets des Nilgiris et les Annapurna III et South puis plus loin, le Macchapuchre, le celebre "Fishtail" nomme ainsi car suivant le point de vu, sa face ressemble a une queue de poisson. Apres en avoir pris plein les yeux, on redescend vers Gorepani pour prendre le petit-dejeuner et recuperer nos affaires.
Alors qu'on reprend la route aux environs de 8h, les nuages sont de retour et le brouillard ne tarde pas a s'epaissir. Si une fois de plus, ceci nous prive du spectacle des cimes a l'horizon, la foret devient par contre tout a fait intriguante. Il y a des souvenirs de Nouvelle-Zelande qui refont surface. On croise a nouveau de nombreux groupes, il faut croire que le pic de la saison est atteint, sans doute, la popularite de cette partie du parcours et sa facilite explique aussi cette affluence.
Avec l'humidite, les sangsues sont aux anges et menent une attaque en regle contre nos mollets. Heureusement, nous sommes a nouveau les plus rapides et nous les retirons a temps de nos mollets. Une petite riviere qui serpente dans le bois nous conduit jusqu'a Tarapani ou on marque la pause de midi. On reprend la marche en debut d'apres-midi, toujours sous le couvert des arbres. Bahlam souhaitait s'arreter a Chuile mais nous insistons pour pousser une heure de plus. C'est que nous desirons avoir une petite marge de temps pour le cas ou un imprevu viendrait nous contrarier et que chaque jour supplementaire passe dans ce trek nous privera d'un jour dans le Chitwan, notre prochaine etape au Nepal. On stoppe donc pour la nuit apres une heure de marche supplementaire dans un tout petit village non indique sur la carte.

Aujourd'hui, on vise Bamboo d'ou on gagnera le sanctuaire de l'Annapurna. On va commencer a reprendre de l'altitude mais le chemin alterne les montees et les descentes. le ciel est degage durant la matinee, on a meme la chance d'apercevoir le Machapuchre. Des champs en terrasses habillent a nouveau les flancs des montagnes. De tres long escaliers se succedent puis on marque une halte pour le repas de midi. On rencontre comme souvent le meme couple de Francais tres sympas dont on ignore pourtant toujours les noms. L'apres-midi passe tres rapidemment et en arrivant a Bamboo, je souhaitais poursuivre vers Dobhan, le village suivant. On passera tout de meme l'apres-midi a Bamboo ou on profite de douches chaudes. La nourriture est bonne mais la nuit sera gachee par nos quatre voisins qui ont la bonne idee de se reveiller a 5h et de papauter a haute-voix.

Nous sommes deja le 10 octobre et notre but se rapproche a grands pas. On quitte Bamboo tranquillement jusqu'a Dobhan ou on fait une courte halte. Le temps est clai se matin et on a pu observer le Macchapuchre au travers des feuillages. Depuis Dobhan, on apercoit egalement le Hyun Chuli mais les nuages se levent. Comme ces derniers jours, le temps se couvre rapidement des la fin de matinee. On poursuit la route en foret, de nombreuses chutes d'eau s'ecoulent le long des paroies de la gorge qui s'elevent regulierement. Pendant la pause de midi, il se met a pleuvoir mais heureusement, elle stoppe avant qu'on ne reparte de Deurali. On parcoure encore 400m de montee avant de penetrer enfin dans l'antichambre du sanctuaire.
La seconde moitie du parcours qui nous conduit vers le Macchapuchre Base Camp est noye dans la brume qui bloque toute la vue. Flo est parti devant, lasse par le rythme un peu lent de Bahlam. maintenant que le brouillard complique la photographie, je hate egalement le pa . Apres un petit pont, je rejoins Flo a une intersection. On prenmd sur la gauche suivant les recommandations de Bahlam puis, apres une cote, on s'arrete devant un decors lugubre. Il y a une barriere en bois sur notre droite, une cabanne en pierre a quelques metres devant nous, legerement sur la gauche. Elle semble inhabitee. Au loin, on devine la silhouette de batiments. On prend quelques cliches puis Garuche et Bahlam nous rejoignent. Les silhouettes fantomatique sont en fait les differents lodges qui forment le Macchapuchre Base Camp.
Le titre de base camp est exagere, en fait, aucune expedition ne part d'ici. La raison est simple, dans les annees soixante, apres qu'une expedition ait tente sans succes, voire meme avec plusieurs morts ou la totalite des alpinistes suivant les versions, les Anglais ont suggere au gouvernement nepalais de conserve un pic vierge de traces humaines. C'est ainsi que cette magnifique montagne s'est vue protegee est interdite a l'escalade.
Une fois delestes de nos sacs, on se couvre chaudement. On fait la connaissance de deux Israeliens tres sympas. On passe l'apres-midi a boire du the au citron, lire et ecrire. A nouveau, on s'adresse a Indra pour que le temps s'ameliore et qu'on puisse pleionement profiter du monumental spectacle qui nous est helas invisible. Pendant les discussions au refuge, on apprend qu'un porteur est mort  recemment sur le chemin de l'Annapurna Base Camp (l'ABC, dans le jargon...). Plusieurs versions s'affrontent et je parierais qu'aucune n'est exact. Le porteur nepalais aurait selon certains glisse et tombe dans la petite riviere ou il serait mort. D'autre disent qu'il etait alcoolique et aurait tente de redescendre seul le chemin dans un etat pitoyable... Son cas sera sans detaille par le "Paris-match" local quoique, ce genre d'accident etant assez frequent, il se peut egalement qu'il passe inapercu.
Le soir arrive finalement en compagnie de la pluie. Nous sommes les derniers a etre servis et lorsqu'enfin on nous presente nos assiettes, elles sont devorees en moins de temps qu'il ne faut pour l'ecrire. On prevoit de se lever tot demain pour contempler les premiers rayons de soleil qui illumineront les sommets. On part donc se coucher mais, comble de malchance, nos voisins sont les memes que la veille...

Ca n'a pas manque, nos voisins Danois se rveillent vers 4h sans meme essayer de faire semblant d'etre silencieux. Je lance un "Please, not everyday !" et ressombre dans un presque sommeil. Mais pourquoi diable se lever aussitot, il fait enore nuit et froid pour marcher... Decidemment, il y a des choses qui m'echappent. 6 heures moins dix, le reveil sonne. Je m'habille rapidement, prends mon appareil et je me precipite en haut d'une bute qui domine le refuge. Le temps est superbe. Au Sud-Est, si proche qu'on voudrait le toucher, se dresse majestueux le Macchapuchre qui du haut de ses 6997m n'a rien a envier a ses voisins plus grands. La face qui se dresse devant nous est le stereotype meme de la montagne. Elle dessine un triangle acere couvert de neige sur deux tiers de sa hauteur avant de laisser apparaitre une paroie rocheuse quasiment verticale. Sa beaute est effrayante... Le gouvernement nepalais ne pouttait-il faire une exception et autoriser une expedition a le gravir ? Au Sud-Ouest culminent l'Annapurna South et le Hyun Chuli. Au Nord-Ouest, on observe l'Annapurna III et le Ghandharvi Chuli. D'ici, l'Annapurna I demeure invisible. La journee commence pour le mieux, il n'est pas encore 7h.
Pendant que garuche retourne finir sa nuit, Flo et moi commandons les petits-dejeuners. On ne repartira que vers 9h apres que le soleil ait reveille la montagne en faisant fondre le gel et en rechauffant les quelques locaux qui a present sortent de chez eux.
Ca y est, on va enfin entrer dans le coeur du sanctuaire des Annapurnas, une ceinture qui ne descend pas en-dessous des 7000m d'altitude. On entame la marche le coeur battant. Le chemin grimpe le long d'un cours d'eau puis on atteint une sorte de plateau qui monte en pente douce vers le camp de base. La lumiere matinale sublime le paysage deja somptueux. En compagnie de Flo, je monte sur une crete qui nous separe d'un imposant glacier qui n'est, en cette saison qu'un gigantesque lit de roches. Depuis ce point haut, la vue est grandiose. Je savoure chaque instant, bien conscient du privilege qui m'est donne de pouvoir ainsi porter les yeux sur de telles montagnes.
Bien que la camp de base soit situe a 4130m, le denivele qui le separe du sommet de l'Annapurna I est d'encore 4000m et croyez moi, 4km ainsi dresser a la verticale devant vous, c'est impressionnant et le mot est faible. Contrairement au Macchapuchre, l'Annapurna ne peut se vanter d'etre une belle montagne au sens classique du terme. Le sommet est encercle d'autres pics qui frisent les 8000m. Chris Bonnington (qui fut le premier a le gravir depuis la face sud) le decrit comme le corps d'une pieuvre geante dont les tentacules seraient les autres pics des Annapurna et la crete du Glacier Dome. Comment des hommes ont-ils pu gravir de tels sommets ? Il n'est plus question d'escalade mais d'alpinisme, l'ascension ne se compte plus en heures mais en jours. On ne dresse pas un bivouac mais on survit, ce n'est pas un hasard si la zone au-dessus des 7000m est appelee la zone de la mort. Chaque pas y est un effort incroyable et la moindre erreur est fatale. A une telle altitude, il est impossible d'esperer recuperer, chaque heure qui passe puise dans vos reserves. L'ascension est donc une course contre la montre qui exige pourtant une prudente lenteur. Nombreux sont ceux qui perdent la vie a vouloir dompter ces geants de pierre et de glace. Les statistique font de l'Annapurna I une des montagnes les plus mortelles au monde avec la moitie des pretendants qui y perdent la vie. Si bien sur, atteindre le sommet est un exploit incroyable, en plus d'un souvenir imperissable beaucoup garderont les traces dans leur chaire du combat contre ces geants. Combien ont perdu leurs doigts ou leurs orteils geles ? Combien ont ete aveugles par la lumiere refletee par la glace ? Combien n'ont pu retrouver leur campement perdu dans la tempete alors qu'ils redescendaient du sommet ? Ne faut-il pas avoir une chance insolante pour echapper aux avalanches qui balayent les paroies ou que les ceracs demesures ne s'ecroulent a votre passage ?
Il est temps de quitter la reverie, Bahlam et Garuche ont pendant ce temps rejoint l'ABC. On les retrouve bientot autour d'un the. Les nuages s'engouffrent deja entre les montagnes, dans quelques heures, on ne verra rien d'autre qu'un epais rideau gris. On se tient au chaud en attendant le repas de midi. Les sommets environnant, accaparent toute nos pensees. On delire sur les pics qu'on escaledera a notre prochaine visite...
Dans l'apres-midi, bien que le brouillard soit toujours present, on va faire un tour au Nord du camp de base, pres du glacier sud de l'Annapurna. Il est hors de question de quitter ce lieu magique sans laisser une trace. On va herige un cairn et y attacher les rouleaux de drapeaux de priere qui nous accompagnent depuis le debut de notre periple. Un cairn est dresse ur une corniche qui surplombe le vide, ses constructeurs ont ete assez hardis car l'endroit n'est pas tres sur, on prendra moins de risque... Un rocher a quelques metres du bord conviendra parfaitement. Alors qu'on commence a rassembler des pierres arrive Bahlam. Il surprend Garuche qui recupere des cailloux dans une zone d'eboulement et tout en agitant sa main annonce "Not safe !" d'un air de dire "Mais qu'est-ce que qu'ils fabriquent encore ?". Mais le voila bientot a nous aider a la tache. Notre cairn n'est certes pas le plus grand mais il affiche une grande classe,. On a dresse une au sommet une dalle plate posee a la verticale qui le dote d'une paroie digne du Macchapuchre... En modele reduit bien entendu. Quelques floconsde neige fondue se mettent a tomber et bahlam s'impatiente, il faut commander le repas du soir. On lui explique qu'il nous faut encore tendre les drapeaux et il nous laisse pour attendre au chaud. Nos trois rouleaux sont attaches ensemble puis arrimer a notre cairn. De la, on les tend jusqu'a un autre cairn proche et imposant. On comptait faire un aller-retour mais la longueur n'est pas suffisante. Qu'a cela ne tienne, on construit un nouveau cairn, plus humble que le premier et on y noue le rouleau. ca y est, le temoin de notre passage pourra on l'espere perdurer face aux elements.
On retourne au refuge ou on discute avec deux Francais qui se sont rencontres durant le trek. L'un deux est alpiniste amateur et prepare l'ascension des Grandes Jorasses en France (Probablement une des ascensions les plus difficiles des Alpes) ce qui nous plonge dans de grandes discussions. Garuche joue aux cartes, une Finlandaise ayant lance une partie. On prend la direction des lits assez tot, il ne fait froid et on est fatigue. La journee a ete riche en emotion et qu'en sera-t-il demain au lever du soleil ?
Par On va ou ? - Publié dans : Nepal
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